<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-29438044</id><updated>2011-04-21T17:48:43.352-07:00</updated><title type='text'>COLLECTIF DIALOGUE &amp; PARTAGE</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Collectif Dialogue &amp;amp; Partage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11853482380327392695</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>18</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-29438044.post-114983112487180466</id><published>2006-06-08T22:26:00.000-07:00</published><updated>2006-06-08T22:32:04.876-07:00</updated><title type='text'>L'ORIENT COMPLIQUE ET LES IDEES SIMPLES</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Publié dans &lt;em&gt;Le Soir &lt;/em&gt;des 3, 4 et 5 juin 2006&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Collectif Dialogue &amp; Partage&lt;/strong&gt;  (www.dialogue-partage.org)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Je partais vers l’Orient compliqué avec des idées simples&lt;/em&gt;», disait le général de Gaulle avant de s’embarquer pour le Liban dans les années 40. Bien de l’eau a coulé sous les ponts, bien des guerres ont depuis lors ravagé le Proche-Orient, mais rien n’a vraiment changé à cet égard. Le prêt-à-penser et le manichéisme le plus réducteur continuent à exercer leurs ravages dès lors qu’il est question du conflit israélo-palestinien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour nombre de nos contemporains, il ne convient guère d’avoir d’états d’âme et de tergiverser sur ce point, car c’est bien à un nouvel épisode de la guerre éternelle du Bien contre le Mal qu’il nous est donné d’assister dans la région. Pour eux – et les intellectuels ne manquent pas dans leurs rangs – le bourreau et la victime sont clairement désignés. Et tout ce que peuvent faire les uns et les autres s’inscrit dans la logique des rôles qui leur ont été, une fois pour toutes, assignés. Les témoignages de bonne foi d’un côté sont déclarés nuls et non avenus, car émanant d’un camp d’où ne peut jaillir que l’horreur; les dérives de l’autre sont tout au plus des accidents de parcours que le statut de victime efface par essence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une barrière est érigée entre les deux populations, la voici tout aussitôt qualifiée de «&lt;em&gt;mur de la honte&lt;/em&gt;». Qu’une soixantaine de constructions du même ordre puissent être relevées dans le monde n’y fait rien. C’est bien celui de toute évidence conçu pour freiner le risque d’attentats-suicides qui choque profondément la conscience de nos belles âmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu’on nous entende bien, les signataires de ce texte déplorent, eux aussi, l’érection de ce mur, car il est le symbole extrêmement concret de l’échec des tentatives passées de rapprochement, de la mort de l’esprit d’Oslo. Son tracé aussi nous paraît sujet à caution, dans la mesure où il ne respecte pas pleinement celui des frontières d’avant 1967, mais son existence même n’est en rien comparable à l’horreur qui sévit quotidiennement dans le monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On ne peut de même que déplorer le cycle de la violence, des attentats aux représailles, des tirs de roquettes aux bombardements de rétorsion, qui déchire la région et qui génère tant de misère humaine. Une misère profondément injuste et choquante, sur laquelle nombreux sont ceux qui continuent, à travers tout, à jeter un regard en noir et blanc, digne des westerns de la belle époque. Mais force est de rappeler qu’il y a eu dans ce conflit depuis que dure l’occupation des territoires palestiniens, mille fois moins de morts, des deux côtés cumulés, que dans celui du Congo, par exemple. Comme il convient de rappeler à ceux qui depuis des années ressassent Sabra et Chatila, massacre qui ne fut tout de même pas le fait des Israéliens, pourtant constamment incriminés à cet égard, que les 180.000 morts de la guerre civile libanaise, eux, sont en général parfaitement oubliés. Et que les incessants massacres commis au Darfour sont presque relégués par les bien-pensants au rang d’anecdote.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Trois faits récents au moins – et un fait est plus têtu qu’un Lord-Maire, dit-on – devraient pourtant convaincre tout un chacun de la complexité extrême des rapports humains et politiques dans cette région écrasée par le poids de l’Histoire et de guerres incessantes.&lt;br /&gt;Lorsque le général Tarek Abou Radjab, chef des renseignements généraux palestiniens et le plus haut responsable de la sécurité du président Abbas, a récemment été victime d’un attentat à la bombe de toute évidence perpétré par un groupe islamiste, il a très rapidement, après des premiers soins rudimentaires, été transféré dans un hôpital israélien. Plutôt gênant dans la vision d’un conflit opposant des «génocidaires» à leurs victimes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une deuxième information récente apparaît plus troublante encore dans cette optique. On apprenait en effet il y a une quinzaine de jours, le développement d’un phénomène stupéfiant, rapporté par le Standaard. Un nombre croissant de jeunes Palestiniens s'arrangent pour se faire emprisonner en Israël afin d'étudier dans de meilleures conditions et prennent pour ce faire de sérieux risques, comme de se présenter à un point de contrôle avec une arme pour être sûrs d’être embarqués. &lt;span style="font-size:85%;"&gt;(1)&lt;/span&gt; C’est là un fait dont personne n’a à se réjouir, car il est le signe du désarroi profond de la population palestinienne, des conditions très dures dans lesquelles elle est obligée de vivre. Mais il montre par ailleurs également l'absurdité de la vision d'un Israël génocidaire le couteau entre les dents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le troisième fait que l’on pointera, et sans nul doute celui qui est politiquement le plus important, est la fameuse déclaration commune des leaders palestiniens emprisonnés qui ont récemment signé entre eux une plateforme destinée à constituer la base d’un accord avec Israël. Une déclaration qui, tout en ne cédant rien sur les droits essentiels des Palestiniens, s’avère d’une modération impressionnante par rapport aux positions de l’actuel gouvernement d’Ismaïl Hanyeh et qui, d’après une enquête toute récente, recueille pratiquement 80% d’opinions positives dans la population palestinienne &lt;span style="font-size:85%;"&gt;(2).&lt;/span&gt; Dérangeant aussi aux yeux de ceux qui ne peuvent imaginer que les prisons israéliennes puissent être des lieux où la démocratie garde ses droits, même et surtout vis-à-vis des détenus palestiniens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au moyen orient, seule la paix est révolutionnaire. Seul le dialogue israélo-palestinien peut résoudre un conflit qui oppose deux justices et n’oppose en rien la justice, qui serait tout entière d’un côté et l’injustice, qui fonderait toute action de l’autre côté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Sara Brajbart, Maurice Einhorn, Christophe Goossens, Francis Grunchard, Michel Gross, Ali Yousfi, Jacques Zajtman, Khalil Zeguendi, Corinne Evens, Isi Halbertal, Viviane Teitelbaum, Izzeldin Abuelaish, Doubi Ajami, Gregory Bornet, Marie-France Botte, Benoît Bourgine, Eva Brakier, Armand Broder, P.André Brombart, Hanan Buch, Henri et Ousia Chait, Diane Culer, Brigitte Degen, Roger Delathouwer, Régine Finkelsztein, Béatrice Godlewicz, Sandra Goffart, Jacqueline Goffin, Sybille Hendrickx, Ruth Kupfersztein, Elide Montesi, André Nayer, Mona Nicolas, Catherine Oleffe, Michel Gottschalk, J.P. et A.M. Gratia, Samy et Lucyna Grauer, Evelyne Hania, Sacha Horowitz, Gilles Jospa,  Charles Kaminski, Louis Kanarek, Yvette Rauwers, Kaja Kengen, Freddy Kornreich, Joël Kotek, Jacques Kummer, Michel Laub, Sylvie Lausberg, Marlène Leroy, Serge Pahaut, Patrick Poty, Yves Rasir, Eliyahu Reichert, Stéphane Rottenberg, Jean-Jacques Steene, Gaëlle Szyffer, Albert et Sylvie Szyper, Ingrid Tubbax, Elie Vulfs, Marc Weisser, Rolland Westreich, André Wieder, Lizi Wimmer, Guy Wolf, Jacques Zachman.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) De Standaard 16-5-2006&lt;br /&gt;(2) La Paix Maintenant, 30 mai 2006&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/29438044-114983112487180466?l=collectif-dialogue-partage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/feeds/114983112487180466/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=29438044&amp;postID=114983112487180466' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114983112487180466'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114983112487180466'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/2006/06/lorient-complique-et-les-idees-simples.html' title='L&apos;ORIENT COMPLIQUE ET LES IDEES SIMPLES'/><author><name>Collectif Dialogue &amp;amp; Partage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11853482380327392695</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-29438044.post-114983073852480075</id><published>2006-06-08T22:23:00.000-07:00</published><updated>2006-06-08T22:25:38.526-07:00</updated><title type='text'>COMMUNIQUE DE PRESSE A PROPOS DES MEURTRES RACISTES DE BRUGES ET D'ANVERS</title><content type='html'>Nous dénonçons avec vigueur les mots qui tuent, les appels à la haine et toute forme d’incitation au rejet de l’autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous dénonçons le climat délétère qui favorise les transgressions d’un interdit fondateur de notre société.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous appelons tous les démocrates à s’unir pour protester avec vigueur contre les crimes odieux qui viennent d’être commis à Anvers et Bruges.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous demandons à nos responsables politiques la mise en œuvre d’une campagne nationale intensive d’incitation à l’acceptation de l’autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est par une pédagogie de tous les instants que l’on pourra faire comprendre la nécessité de rapports pacifiques entre les individus pour assurer un bien-vivre ensemble.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/29438044-114983073852480075?l=collectif-dialogue-partage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/feeds/114983073852480075/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=29438044&amp;postID=114983073852480075' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114983073852480075'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114983073852480075'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/2006/06/communique-de-presse-propos-des.html' title='COMMUNIQUE DE PRESSE A PROPOS DES MEURTRES RACISTES DE BRUGES ET D&apos;ANVERS'/><author><name>Collectif Dialogue &amp;amp; Partage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11853482380327392695</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-29438044.post-114978150609958848</id><published>2006-06-08T08:37:00.000-07:00</published><updated>2006-06-08T08:45:06.116-07:00</updated><title type='text'>SAUVONS LE MUSEE JUIF DE MALINES</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;publié dans &lt;em&gt;Le Soir&lt;/em&gt; - 7 janvier 2006&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Joël Kotek, historien,Viviane Teitelbaum, députée, Jacques Zajtman, architecteSara Brajbart, Maurice Einhorn, Doubi Ajami, Hélène et Denis Baumerder, Gregory Bornet, Benoît Bourgine, Ouzia et Henri Chait, Diane Culer, Roger De Lathouwer, Evelyne Hania, Georges Hirsh, Christophe Goossens, Michel Gross, Francis Grunchard, Gilles Jospa, Eva et Karl Kaminski, Louis Kanarek, Jacques et Lizi Kummer, Ruth Laub, Marlène Leroy, Rachel Lipszyc, André Nayer, Danielle Peres, Patrick et Catherine Poty, Yves Rasir, Yvette Rauwers, Alain Reisenfeld, Stephane Rottenberg, Marc Weisser, Guy Wolf, Khalil Zeguendi.&lt;br /&gt;Membres du Collectif Dialogue &amp; Partage *&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A qui appartient le Musée Juif de la Déportation et de la Résistance de Malines? A une commission d'«historiens» qui excluent les victimesde la Shoah?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La question peut paraître étrange. Elle ne l'est guère pour tous ceuxqui s'inquiètent de la récente volonté du Gouvernement flamand deremettre en question le formidable outil pédagogique que représenteaujourd'hui le Musée Juif de la Déportation et de la Résistance de Malines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il serait question, en effet, de le transformer tantôt en Centre des Droits de l'Homme, tantôt en lieu de mémoire de tous les génocides etautres crimes de masse du 20ème siècle. Que la Shoah se retrouvera banalisée ne fait aucun doute, c'est même l'objectif avoué de sesconcepteurs, comme le rapporte le &lt;a href="www.standaard.be/Artickel/Detail.aspx?artikelId=GE5MOD3K"&gt;Standaard&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette banalisation de la Shoah et du Musée de Malines est inacceptable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Musée Juif de Malines est un lieu historique consacré à sesvictimes, aux 2% de Roms et aux 98% de Juifs, non Belges pour laplupart, arrêtés sur le sol belge. En effet, ceux-ci étaient soit denationalité étrangère, soit apatrides. Ce furent ainsi des étrangersoriginaires de Pologne, de Roumanie mais aussi de Turquie qui,coupables du seul crime d'être nés juifs, y furent parqués avantd'être déportés pour un voyage sans retour vers le camp de la mortd'Auschwitz. En cela, le camp de transit de Malines est avant tout unlieu de Mémoire du peuple juif et des Roms. Le fait qu'il se trouve enFlandre n'y change rien d'autant qu'y furent acheminés les Juifs deBruxelles et de Wallonie. Le sort du Musée de Malines concerne doncautant la Communauté française que la Communauté flamande.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que cette dernière se préoccupe du devenir [du Musée] de Malines est en soinaturel et louable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela nous paraît même d'autant plus légitime qu'une certaine Flandre, heureusement minoritaire, collabora directement à la déportation des Juifs de Belgique, tout comme d'ailleurs certains milieux francophones.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment oublier que la police d'Anvers participa aux rafles ordonnéespar les Nazis et que se trouvaient parmi les gardiens de Breendonk des SS flamands? Précisément, c'est bien cette histoire-là que Malines se doit de continuer à raconter; une histoire faite certes deveulerie mais aussi de courage – pensons aux Justes qui risquèrent leur vie pour sauver des innocents. Rappeler les dangers de l'extrême-droite en s'inspirant de l'exemple concret de la persécution des Juifsde Belgique doit rester l'objectif prioritaire du musée rénové de Malines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;S'agirait-il de tirer un trait sur le projet flamand du Musée des Droits de l'Homme? Certainement pas! Nous sommes beaucoup à penser qu'un tel projet - à l'heure où le cordon sanitaire autour du VBrisque de sauter - est plus que jamais nécessaire. Pour le réaliser, l'endroit le mieux approprié n'est-il pas Breendonk, un lieu qui symbolise parfaitement le combat de nos amis néerlandophones? Faut-ilrappeler que c'est à Breendonk que furent internés majoritairement lesdéfenseurs de la liberté, Flamands, Bruxellois, Wallons et Juifs des trois régions? Les prisonniers politiques qui y ont été torturés, souvent jusqu'à ce que mort s'ensuive, provenaient de toutes les régions du pays.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'existence d'un Musée Juif de la Déportation et de la Résistance enFlandre, commémorant la Shoah, s'apparente à un geste de réparation, de "repentance"- même si les paroles n'ont jamais été prononcées - à un geste de reconnaissance envers un génocide qui, à la différence des autres génocides, s'est produit en partie sur le sol belge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sa disparition consternerait les démocrates et les humanistes, elle consacrerait la victoire de ceux pour qui la Shoah est un «détail de l'histoire».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous osons croire que telle n'est pas l'intention du Gouvernement flamand.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/29438044-114978150609958848?l=collectif-dialogue-partage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/feeds/114978150609958848/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=29438044&amp;postID=114978150609958848' title='1 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114978150609958848'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114978150609958848'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/2006/06/sauvons-le-musee-juif-de-malines_08.html' title='SAUVONS LE MUSEE JUIF DE MALINES'/><author><name>Collectif Dialogue &amp;amp; Partage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11853482380327392695</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-29438044.post-114978098477806217</id><published>2006-06-08T08:33:00.000-07:00</published><updated>2006-06-08T08:36:24.783-07:00</updated><title type='text'>DES HISTOIRES AFFECTIVES DES IMMIGRATIONS EN BELGIQUE AU SERVICE DU DIALOGUE INTERCULTUREL</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;paru dans &lt;em&gt;Le Soir&lt;/em&gt;, vendredi 13 mai 2005&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Omar Bergallou, Ouzia Chait, Danielle Crutzen, Sonia Huwart, Marguerite Snoeck et Danielle Peres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors que la Commission du Dialogue Interculturel (dialogueinterculturel.be) publie ses conclusions et ses pistes de travail pour améliorer le vivre ensemble dans notre société, il nous paraît primordial de réaffirmer combien nos écoles sont au cœur des questions posées par la cohabitation des diversités en tous genres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’école est en première ligne : elle se doit d’éduquer ses jeunes - et ses adultes ! - au décodage de la complexité, aux regards croisés sur les histoires particulières et collectives, à la gestion des divergences dans un espace commun. Cet apprentissage semble une évidence en terme de nécessité, il l’est cependant beaucoup moins en termes de perspectives et d’outils pédagogiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le contexte international agit en ce moment comme un révélateur de malaises profonds qui pourraient s’étendre à l’ensemble du tissu social. L’histoire des peurs est une sorte de baromètre de la santé de nos sociétés : lorsque nous nous crispons sur nos peurs, c’est une identité fermée que nous construisons, qui ne peut que développer les préjugés dont chacun a hérité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Collectif Dialogue &amp; Partage propose depuis trois ans des initiatives allant dans le sens d’un dialogue entre personnes et communautés dont les histoires s’entrecroisent, parfois s’affrontent, d’autres fois s’ignorent. Comme citoyens et pédagogues, nous sommes interpellés par l’irruption dans l’espace public de phénomènes de peur ou de rejet de l’étranger, du juif, du musulman, de l’Autre… Ces phénomènes, en particulier lorsqu’ils se produisent dans nos écoles, réclament toute notre attention et toute notre créativité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s’agit donc de mettre la main à la pâte, de susciter des projets concrets, de s’appuyer sur des expériences réussies, de construire de nouveaux outils.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsqu’on a face à soi des individus ou un groupe d’individus ciblés, dont on pense connaître les attributs sans pour autant connaître les personnes, ce sont les préjugés qui dominent. Et le fait de les attaquer de front suscite souvent des réactions défensives. L’émotionnel prime derrière des arguments qui prétendent se ranger du côté du rationnel. En revisitant son histoire – l’histoire d’où l’on vient, qu’elle soit immigration et/ou intégration sociale, celle qu’on intègre ou qu’on rejette - on tend à se construire comme être autonome, capable de s’inventer une existence et de lui donner du sens. Pour ce faire, il faut chercher à se connaître vraiment, n’avoir ni honte ni fierté excessive, être suffisamment en sécurité avec sa propre histoire pour ne pas éprouver le besoin de stigmatiser l’histoire d’un autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est ce travail de mémoire affective et interactive que nous souhaitons mettre en œuvre de manière nuancée et progressive dans nos écoles, sans recourir à des slogans ni porter de jugements de valeurs a priori sur les personnes qui expriment des peurs ou des rancoeurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette rencontre des coeurs et des esprits suppose une préparation minutieuse et une volonté d’entreprendre. Les animations ponctuelles, les informations rationnelles et les discours n'y suffiront pas. Pour cohabiter et communiquer avec nos différences, il faudra suspendre le jugement et le préjugé, établir la distinction entre ce que je vois, ce que je pense et ce que je ressens. Cet apprentissage du respect nécessite le développement d’un véritable vocabulaire affectif, encore trop souvent négligé par l’univers cartésien de l’école.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme toujours en l’occurrence, il y a urgence, mais en éducation - paradoxalement - il importe de donner du temps au temps et d'avancer lentement pour aller profondément et loin. L’éducation à la citoyenneté, à la diversité, aux responsabilités implique d’abord la promotion de l’estime de soi : écouter et communiquer autour des zones sensibles de la diversité ne peut s’envisager dans un positionnement victimaire ; c’est la confiance – en soi d’abord, en l’autre ensuite –qui fonde la rencontre et la reconstruction d’une histoire commune.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s’agit de mobiliser des histoires particulières et collectives qui ont besoin de se dire, d’être racontées, reconnues dans toute leur subjectivité pour pouvoir progressivement entrer dans l’empathie et l’écoute de la subjectivité des autres. Ce processus ne doit pas forcément déboucher sur la sympathie envers l’autre, mais sur le respect de sa personne et de ses perceptions. Tel est la condition du vivre ensemble.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous empruntons donc à Charles Rozjman[1] ce souci qu’on apprenne « l’histoire affective de l’autre, non pas l’histoire des faits encore une fois – toujours susceptible d’interprétations partisanes – mais l’histoire des émotions et des sentiments collectifs. Sans jugement, sans critique. Une sorte de reconnaissance du cœur de l’autre, où l’on considérerait comme légitime ce langage du cœur transmis par les générations, avec ses motivations, ses fiertés et ses angoisses».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le travail proposé se déroule en trois étapes : l’écoute active des enseignants dans ce qu’ils vivent au jour le jour et le choix des outils les plus pertinents ; la formation et l’accompagnement dans les classes ; l’évaluation et la diffusion des outils. La démarche s’appuie sur un programme d’éducation affective et sociale - Prodas - ciblant les élèves de 5 à 14 ans et sur un programme d’éducation à la diversité et de lutte contre les préjugés - A Classroom of Difference – ciblant les élèves de 15 à 20 ans. Tous deux sont des approches transversales et posent les fondations d’un travail en profondeur sur l’identité, l’estime de soi, la vie en groupe, la gestion des diversités/des hétérogénéités, mais aussi des points communs qui nous rassemblent. Ces outils, qui ont montré leur efficacité dans des contextes scolaires très divers, serviront de base à l’expérimentation de nouveaux modules centrés sur la valorisation d’histoires affectives de peuples, de communautés, d’héritages, d’immigrations diverses qui font la Belgique contemporaine.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/29438044-114978098477806217?l=collectif-dialogue-partage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/feeds/114978098477806217/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=29438044&amp;postID=114978098477806217' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114978098477806217'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114978098477806217'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/2006/06/des-histoires-affectives-des.html' title='DES HISTOIRES AFFECTIVES DES IMMIGRATIONS EN BELGIQUE AU SERVICE DU DIALOGUE INTERCULTUREL'/><author><name>Collectif Dialogue &amp;amp; Partage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11853482380327392695</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-29438044.post-114978077813429932</id><published>2006-06-08T08:27:00.000-07:00</published><updated>2006-06-08T08:32:58.140-07:00</updated><title type='text'>QUAND UNE PASSION EN CACHE UNE AUTRE</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Paru dans &lt;em&gt;Le Soir&lt;/em&gt; du 22 avril 2004&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par Michel Gross, sociologue&lt;br /&gt;Membre du Collectif Dialogue &amp; Partage (&lt;a href="http://www.dialogue-partage.org"&gt;www.dialogue-partage.org&lt;/a&gt;), co-présidé par Sara Brajbart et Maurice Einhorn, co-signataires &lt;span style="font-size:85%;"&gt;(1)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;S’ils ont ressenti un profond malaise devant la violence exacerbée qui caractérise &lt;em&gt;La Passion&lt;/em&gt; de Mel Gibson, peu de commentateurs ont mentionné l’origine véritable du film, sans laquelle la vision doloriste et militante du réalisateur de Braveheart ne peut se comprendre.En effet, la source principale du script de Gibson est &lt;em&gt;La Douloureuse Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ&lt;/em&gt;», d’après les visions d’une religieuse stigmatisée, Anne Catherine Emmerich &lt;span style="font-size:85%;"&gt;[1].&lt;/span&gt; Ce livre étrange n’est pas né sous le soleil de la Palestine du premier siècle mais bien au 19ème siècle, à Dülmen, une obscure petite ville de Westphalie. Et le co-auteur du livre, voire son auteur véritable, n’est autre que Clément Brentano, un poète romantique, völkisch et antisémite, qui consacra une partie de sa vie à défendre la cause du catholicisme ultramontain. Nous avons donc affaire ici à une triple mystification. Le film ne s’inspire pas directement des Evangiles mais bien des visions d’une soi-disant mystique. Le livre n’a pas été écrit par la « mystique » en question, mais bien par un poète judéophobe et intégriste. Enfin, cet écrivain a toujours admis à contrecœur que son livre était surtout le fruit de son imagination.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un universitaire américain, Philip A. Cunningham&lt;span style="font-size:85%;"&gt; [2]&lt;/span&gt;, s’est amusé à recenser tous les éléments du film – et ils sont innombrables – provenant de la source Emmerich-Brentano. Il les a classés en trois catégories.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout d’abord, il y a les éléments dont il n’existe aucune trace dans les Evangiles. Par exemple: les agents de Caïphe soudoyant la population afin qu’elle témoigne contre Jésus ; des charpentiers juifs fabriquant la croix pendant le déroulement du procès, qui, de surcroît, a lieu dans l’enceinte du Temple ; Pilate affirmant craindre une révolte populaire s’il ne condamne pas Jésus; Jésus enfermé dans un cachot ; les grands prêtres assistant à la flagellation de Jésus; la femme de Pilate offrant un linge à Marie pour qu’elle y enveloppe son fils (dans le livre, elle rejoint les apôtres et se convertit). Sans oublier l’omniprésence obsédante du personnage de Satan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deuxièmement, il y a les éléments qui proviennent effectivement de l’un ou l’autre évangile, mais qui, habilement juxtaposés, tendent à amplifier la responsabilité collective des Juifs. Par exemple, Gibson, à la suite de Emmerich-Brentano, mêle perfidement le verset «&lt;em&gt;Celui qui m’a livré à toi porte un plus grand péché&lt;/em&gt;», adressé par Jésus à Pilate, que l’on ne trouve que chez Jean et le verset «&lt;em&gt;Nous prenons son sang sur nous et nos enfants&lt;/em&gt;», adressé par Caïphe à Pilate, que l’on ne trouve que chez Matthieu. Malgré les protestations, Gibson a maintenu – toutefois sans le sous-titrer - ce dernier verset, qui est à l’origine de toutes les persécutions religieuses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, le film reproduit le climat de violence paroxystique et de dolorisme érotisé du livre de Brentano. Ce qui dans les Evangiles est sobrement décrit en quelques mots, prend ici des pages entières. Aucun détail ne nous est épargné, ni la longueur des clous, ni les « doux gémissements » de douleur que ceux-ci arrachent à Jésus en transperçant sa chair. Il est à noter que le Christ est sauvagement frappé avant d’arriver chez Pilate alors que les Romains ne font qu’observer la scène.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Emmerich, dont le procès en béatification n’a pas encore abouti, est l’un des nombreux cas d’hystérie qui surgissent au tournant du siècle suite à la diffusion de l’hypnose magnétique. Elle doit surtout sa célébrité au contexte historique exceptionnel qui est le sien, et qui voit à la fois l’abolition des privilèges, l’émancipation des Juifs et la sécularisation des biens de l’Eglise. Son couvent est fermé en 1811 sur ordre de Jérôme Napoléon, roi de Westphalie. Ses symptômes - stigmates, catalepsies, anorexie, visions - éclatent dès lors au grand jour et deviennent rapidement une affaire publique. La rumeur du prodige se répand jusqu’en Prusse où elle se transformera en enjeu politique après la chute de Napoléon et la restauration de l’Empire germanique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1817, le destin d’Emmerich croise celui de Brentano. Celui-ci traverse une grave crise existentielle. Pour le poète romantique, cette rencontre est une révélation. Il a enfin trouvé son « havre » : une religion authentique, faite d’abnégation totale. Il restera près de cinq ans au chevet de la stigmatisée. Entre la religieuse tombée en hystérie et le poète mélancolique tombé en religion, féru d’occultisme et de théosophie, se noue alors une relation étrange, une sorte de mariage entre spiritisme et Saint-Esprit. Un divin enfant naîtra de cette union : la « Passion », qui sera suivie d’une « Vie de Jésus ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;La Passion&lt;/em&gt;, revisitée par le couple Emmerich-Brentano, est un récit paroxystique soufflé par une femme possédée, qui s’identifiait au Christ jusque dans sa chair. La facilité avec laquelle Emmerich entrait en transe n’avait pas échappé à la sagacité de Brentano qui n’hésitait pas à utiliser des techniques magnétiques pour provoquer les visions de la soeur. Il les notait scrupuleusement puis les transposait en allemand littéraire, non sans embellir le récit au passage. Le résultat est une sorte de fantasme à deux où il est difficile de distinguer la muse de l’auteur. Le livre sera finalement publié près de 10 ans après la disparition de la nonne et tout le monde s’accordera à y reconnaître la patte de l’écrivain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela va sans dire, tous les deux éprouvaient une aversion profonde à l’égard des Juifs. Mais tandis que l’antisémitisme de la nonne illettrée était de nature naïve et superstitieuse, – elle croyait que le nez des Juifs s’allongeait sous le poids de leurs fautes – celui de Brentano était raffiné et militant. Son texte, &lt;em&gt;Le Pharisien&lt;/em&gt;, est un modèle du genre et le poète fut même accusé d’avoir inspiré les pogroms de 1819, les premiers qui suivirent l’émancipation des Juifs en Allemagne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sous l’alibi du récit évangélique, la haine des Juifs se donne libre cours dans &lt;em&gt;la Passion&lt;/em&gt;, où elle prend des accents fantastiques. La description « des étincelles de haine et de fureur qui, parcourant les rues, en rencontrent d'autres auxquelles elles se joignent, et croissant et grossissant toujours, montent vers Sion, et vont aboutir au tribunal de Caïphe comme un sombre fleuve de feu » est un véritable pogrom à l’envers, fomenté par la « lie du peuple juif ». Le parallélisme obsédant entre le calvaire subi par l’agneau de Dieu et les cris des agneaux sacrifiés lors de la Pâque juive est une arme fatale littéraire d’une redoutable efficacité. Quant au verset maudit Matthieu 27 :25, il déclenche aussitôt des visions d’apocalypse qui dévastent le Temple et plongent la religieuse en extase.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Gibson, qui vénère Emmerich, – il a exhibé une de ses reliques lors d’un entretien télévisé - a trouvé dans ce livre un script bien saignant et prêt à l’emploi, comme l’exigent les foules qui se précipitent au cinéma, ce Colisée d’aujourd’hui. A cela, il a ajouté des effets spéciaux et quelques obsessions personnelles. Sans doute juge-t-il que cette version spirite de la Passion reflète l’esprit véritable des Saintes Ecritures mais il faut espérer que le lecteur averti n’aura pas le mauvais goût de prendre cette imagerie kitsch et obscène pour parole d’évangile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) ainsi que D.Ajami, A.Bensimon, Hu.Benkoski, G.Bornet, E.Braskier, L.Brenig, P.A.Brombart, H.Buch, L.Cadranel,Y.Caelen, O.Chaït, H.Chaït, D.Culer,Y.Domb, C.Evens, F.Feuer, R.Finkelsztein, B. Godlewicz, S.Goffart, J.Goffin, R.Goldfarb, C.Goossens, S.Grauer, L.Grosman, P.Gruber, F.Grunchard, L.Gutman L.Guzy, I.Halberthal, E.Hania, Z.Hecht, S.Hendrickx, G.Hirsch, N. Holand, G.Jospa, M.Jurdan, K.Kaminski, C.Kandyoti, R.Kenigsman, A.Kornreich, W.Kostucki, J.Kotek, L.Kramarz, H.Krasjman, J.Kummer,R.Kupfersztein, M.Laub, S.Lausberg, M.Leroy, R.Lipszyc, E.Littman, M.Laub, A.Levon, H.Miara Benkoski, C.Oleffe, S.Pahaut, R.Peguine, D.Perez, P.Poty, E.Reichert, A.Reisenfeld, S.Rottenberg, S.Rozenbaum, D.Salomon, C.Salvaye, A.Sanfeld, S.Schreiber, P.Snoeck, C.Stalberg J.J.Stene, M.Talmazan, Ingrid Tubbax, V.Teitelbaum, B.Uffner, J.Vekemans, E.Vulfs, S.Wajskop, M.Weisser, R.Westreich, A.Wieder, L.Wimmer, G.Wolf et J.Zajtman.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;[1] &lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.livres-mystiques.com/partieTEXTES/CatherineEm/LaPassion/table.html"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;http://www.livres-mystiques.com/partieTEXTES/CatherineEm/LaPassion/table.html&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;[2] http://www.bc.edu/research/cjl/meta-elements/texts/reviews/gibson_cunningham.htm&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/29438044-114978077813429932?l=collectif-dialogue-partage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/feeds/114978077813429932/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=29438044&amp;postID=114978077813429932' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114978077813429932'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114978077813429932'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/2006/06/quand-une-passion-en-cache-une-autre.html' title='QUAND UNE PASSION EN CACHE UNE AUTRE'/><author><name>Collectif Dialogue &amp;amp; Partage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11853482380327392695</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-29438044.post-114978040802675376</id><published>2006-06-08T08:22:00.000-07:00</published><updated>2006-06-08T08:26:48.030-07:00</updated><title type='text'>TERRORISME. LE RETOUR DU SACRIFICE HUMAIN?</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;strong&gt;publié dans &lt;em&gt;La Libre Belgique&lt;/em&gt; du 15/12/2003&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Eliane Feld, Evelyne Guzy, Sara Brajbart, Maurice Einhorn&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La déferlante terroriste sacrifie des victimes pour triompher symboliquement de l'Amérique, de la Grande-Bretagne et des Juifs. Comment interpréter les diverses réactions de l'Occident face à un fanatisme qui fait fi de toute vie humaine?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Collectif Dialogue &amp; Partage &lt;span style="font-size:85%;"&gt;(1)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Istanbul, novembre 2003. Plus de 700 corps mutilés, 56 noms à inscrire en lettres de sang dans le bilan de la déferlante terroriste qui envahit ce début de siècle. Autant de victimes sacrifiées pour triompher symboliquement de l'Amérique, de la Grande-Bretagne et des Juifs. Comment interpréter les diverses réactions de l'Occident face à un fanatisme qui fait fi de toute vie humaine?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'abandon du sacrifice humain par les grandes religions monothéistes représente l'une des plus grandes avancées de l'humanité. Il marque le passage de sociétés primitives à la civilisation. Après avoir ordonné à Abraham de tuer de ses mains son fils, Dieu l'empêche in extremis de commettre l'irréparable: il n'exige pas des siens de détruire le fruit de sa propre création. Ce message a été complètement intégré par le judaïsme et le christianisme, qui ne commettent plus aucun sacrifice, et par l'islam, qui substitue l'animal à l'humain. Cette évolution semblait irréversible. Pourtant, à propos de l'assassinat du reporter juif américain Daniel Pearl par des islamistes radicaux, Bernard-Henri Levy écrit: «&lt;em&gt;Alors, peut-être ont-ils voulu nous dire: à partir d'aujourd'hui, nous n'égorgerons plus seulement les moutons, mais vous, chiens d'Américains, de Juifs, d'Européens&lt;/em&gt;.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'acte terroriste sacrifie des êtres humains afin de semer la peur et l'angoisse au sein d'une population entière. Il démontre de façon spectaculaire que rien ne peut s'opposer à la puissance de destruction de l'organisation commanditaire. Les centaines de musulmans tués lors des récents attentats le prouvent. Les victimes ne sont pas considérées comme des êtres humains mais comme des moyens de pression sur l'ennemi. Face à ces carnages, nous sommes tous confrontés à l'obsédante question: «&lt;em&gt;Serai-je le suivant?»&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la fois suicide et meurtre collectif, l'attentat-suicide procède de ce mécanisme. Il est réprouvé par l'islam traditionnel parce qu'il brave par deux fois les interdits liés au respect de la vie. Mais, dans leur lecture perverse du Coran, les terroristes entretiennent un culte nihiliste: la mort pour la cause. Ainsi, alors que tout le processus de civilisation a consisté, depuis des siècles, à canaliser la violence et la haine instinctives, à leur donner des formes ritualisées ou codifiées et à déléguer à des institutions le soin de les gérer, une frange de la société musulmane a levé l'interdit du meurtre. Et a réhabilité le sacrifice humain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Réagir à la pensée binaire que nous propose l'islamisme radical par un raisonnement primaire du type lutte du bien contre le mal, en stigmatisant la civilisation arabo-musulmane dans son ensemble, c'est entrer dans une confrontation qui se trompe d'ennemi. En revanche, refuser au nom de l'éthique commune aux trois grandes religions monothéistes «le meilleur des mondes» proposé par les islamistes radicaux, c'est s'offrir une chance de victoire face au péril d'un nouveau totalitarisme. Pour vaincre, l'Europe doit être sûre de ses valeurs et les affirmer, fermement: la primauté de la vie humaine ne se négocie pas. Or il nous semble que notre société s'aveugle face à la démence sanguinaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi, une thèse fréquemment développée soutient que le terrorisme est une réaction au conflit israélo-palestinien et à l'usage de la force en Afghanistan ou en Irak. Cet argument sous-entend que la responsabilité des actes terroristes se trouve du côté des victimes. L'idée est rassurante: elle implique qu'une fois réglés les divers conflits d'Orient, le terrorisme international prendrait fin. Cette issue ne dépendrait donc que des Etats-Unis et d'Israël, désignés comme les agresseurs. En bref, tout se jouerait, ou presque, du côté des alliés de l'Europe. Rien du côté du monde islamique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ceux qui manient cette dialectique ignorent-ils le risque de voir, un jour, les bombes humaines viser Paris ou Bruxelles comme elles ont déjà atteint New York ou Istanbul? Il sera inutile alors d'invoquer la situation en Palestine, à Kaboul ou à Bagdad... Car les islamistes radicaux veulent avant tout s'en prendre à l'Occident et à ses valeurs démocratiques. Pour atteindre leurs objectifs, ils utilisent tous les prétextes. Hélas, chez nous, cet argument passe souvent mal: nous éprouvons une extrême difficulté à penser le terrorisme. Nous préférons l'absoudre, préférant y voir une réponse désespérée des faibles face à l'impérialisme américain ou sioniste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est certes apaisant de plaquer des explications sur les actes les plus déments et de se dérober ainsi à la menace de l'insensé. Nous aimerions voir la folie terroriste comme un épiphénomène, et croire que le respect de la vie humaine est une valeur partagée. Nous refoulons Hitler, Staline, Pol Pot. Nous occultons nos aveuglements répétés devant l'inconcevable. Nous minimisons le danger en tentant de le rationaliser. Pourtant, comme l'a affirmé Gérard Dupuy dans &lt;em&gt;Libération&lt;/em&gt; après les attentats contre les synagogues d'Istanbul, «&lt;em&gt;prétendre 'expliquer sans excuser' est une erreur d'analyse en même temps qu'une faute morale. C'est une erreur parce que ces crimes relèvent d'une volonté d'anéantissement et d'un délire apocalyptique auxquels la cause palestinienne n'est qu'un prétexte et dont la cause doit être recherchée à l'intérieur même des sociétés islamiques. C'est une faute parce que cela revient à faire insidieusement des victimes des responsables indirects de leur mort.&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un premier geste concret, tel une grande manifestation contre le terrorisme, permettrait de dire non à la nouvelle barbarie qui se nourrit de sacrifices humains. Comme nous avons si souvent dit non aux conflits ou aux situations que nous jugions injustes et révoltants. L'avenir de l'Europe face au péril terroriste ne mérite-t-il pas notre mobilisation?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) Luce Cadranel, Ouzia Chait, Liliane Charenzowski, Régina Cykiert, Michel Gross, Pascale Gruber, Joëlle Melviez, Danielle Perez, Alain Reisenfeld, Dominique Salomon, Danielle Wajs. A paraître: «&lt;em&gt;Regards Croisés sur un phénomène ciblé: les attentats-suicides. L'exemple d'Israël&lt;/em&gt;.»&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/29438044-114978040802675376?l=collectif-dialogue-partage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/feeds/114978040802675376/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=29438044&amp;postID=114978040802675376' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114978040802675376'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114978040802675376'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/2006/06/terrorisme-le-retour-du-sacrifice.html' title='TERRORISME. LE RETOUR DU SACRIFICE HUMAIN?'/><author><name>Collectif Dialogue &amp;amp; Partage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11853482380327392695</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-29438044.post-114978009974316424</id><published>2006-06-08T08:18:00.000-07:00</published><updated>2006-06-08T08:21:39.756-07:00</updated><title type='text'>LE RETOUR D'UNE UTOPIE MORTIFERE</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Publié dans Le Soir 12-11-2003&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Carte blanche&lt;br /&gt;Par Sara Brajbart, Maurice Einhorn, Christophe Goossens et Gregory Bornet, Yves Caelen, Ouzia Chait, Henri Chait, Diane Culer, Corinne Evens, Eliane Feld, Michel Gross, Pascale Gruber, Francis Grunchard, Evelyne Guzy, Charles Kaminski, Béatrice Kostucki, Jacques kummer, Serge Pahaut, Jean-Jacques Stene, Elie Vulfs, Albert Szyper, Danielle Wajs, Guy Wolf, Jacques Zajtman&lt;br /&gt;Membres du Collectif Dialogue &amp; Partage&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Une maison pour deux familles, mais pas un lit pour deux personnes&lt;/em&gt;» (Amos Oz, écrivain israélien, militant pour la paix)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Israël est désigné dans certains milieux, et pas seulement alter mondialistes, comme l’incarnation du mal absolu, d’une façon qui fait irrésistiblement penser aux caricatures antisémites d’avant-guerre. Même le père de Marc Dutroux, chez nous, réfute le qualificatif de monstre souvent accolé à son fils et désigne celui qui, à ses yeux, est un «véritable monstre», à savoir Ariel Sharon. La diabolisation extrême d’Israël et des Israéliens relaye, avec quelques décennies de retard, celle du Juif de Céline et de ses pairs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans un monde où l’on massacre aussi allègrement que naguère, où Poutine, pourtant désormais considéré comme parfaitement fréquentable, n’en finit pas d’écraser le peuple tchétchène, où le Tibet est réduit au silence, où bien des régimes tyranniques semblent avoir signé un bail avec l’éternité, Israël est devenu la figure du mal absolu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette stigmatisation démesurée a elle-même créé un climat où tout est désormais possible dans le registre de la mise en cause d’Israël. Jusqu’à son existence même, contestée jusqu’il y a peu par les seuls mouvements pro palestiniens. Au point que l’on voit ressurgir aujourd’hui une idée naguère défendue par des Juifs communistes et leurs excroissances et qui n’avait plus cours que dans de petits cénacles plus ou moins confidentiels. Cette idée mortifère, parée des habits de l’utopie et de la grandeur d’âme, est celle d’un Etat binational, où Juifs et Arabes vivraient pacifiquement côte à côte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hors de toute autre considération, il paraît plus que curieux de voir cette idée réactualisée dans cette Europe qui prouve et illustre tous les jours les difficultés des Etats multinationaux. Des bombes corses ou basques à l’horreur qu’a connue l’ex-Yougoslavie, du divorce dit de velours entre Tchèques et Slovaques à la sanglante guerre d’Ulster, les peuples du continent ne cessent de marquer les dangers des coexistences forcées au sein d’un Etat unique. Ce n’est pas non plus un hasard si l’Union européenne, elle, a choisi la fuite en avant de l’extension de son territoire plutôt que l’approfondissement de son unité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certes, la coexistence pacifique dans un Etat bi- ou multinational n’est pas impossible, comme le montrent les exemples belge, canadien ou suisse, où un solide socle de valeurs communes a permis le maintien bon gré mal gré d’une certaine unité nationale. Encore que celle-ci soit constamment en jeu dans notre pays, malgré l’absence de tout conflit armé mutuel et malgré un catholicisme commun.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais ne voit-on pas immédiatement que dans un contexte historique et actuel de guerre, d’attentats ravageurs et de répression, les puissants antagonismes des peuples israéliens et palestiniens rendent une telle unité pacifique parfaitement illusoire?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toutes les idéologies sous-jacentes mises à part, le refus d’accepter un Etat juif va cependant bien plus loin que l’échec des exemples précités. Il est curieux de voir que des gens qui invoquent sans cesse le droit international, refusent le fait israélien, pourtant dûment entériné par l’ONU il y a 55 ans déjà. Et ce sont les mêmes qui défendent la thèse d’un Etat binational consistant à renvoyer les juifs à leur statut de minorité, les arabes étant appelés à devenir très rapidement majoritaires dans cet Etat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l’heure où l’on applaudit, à juste titre, le plan de paix dit de Genève, évidemment fondé sur le concept de deux Etats souverains vivant côte à côte il est d’autant plus aberrant d’en revenir au concept d’Etat unique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le monde n’a cessé de répéter, comme une incantation, le «nous ne savions pas» face aux horreurs passées, ajoutant même «plus jamais ça».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or, c’est bien ce serment de ne pas laisser se répéter les horreurs du passé qui commence à être renié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous connaissons les atrocités des conflits religieux qui se sont réveillés ces dernières années avec l’islamisation des politiques arabes, le drame des chrétiens libanais poussés à l’exil par un pouvoir militaro religieux hostile aux infidèles et, aussi, l’émigration massive des palestiniens chrétiens. Imagine-t-on sous quels auspices se développerait un Etat où chaque composante exigerait le respect et le développement de sa propre identité nationale et religieuse?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N’y a-t-il pas quelque chose de délirant à voir renaître cette idée de mariage forcé entre deux peuples à un moment où l’un d’entre eux se barricade littéralement chez lui afin que l’autre ne vienne pas y faire sauter tous les jours des bombes ? Et qu’existe l’ébauche de solutions équilibrées et raisonnées fondées sur la seule idée juste dans cette région, celle de deux Etats pour deux peuples?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Uri Avnery, pacifiste israélien et visiteur régulier de Yasser Arafat à la Moukata, s’oppose également à cette idée d’Etat binational : «&lt;em&gt;Le loup doit vivre avec l’agneau, a dit le prophète Isaïe. C’est possible à notre époque aussi pourvu que vous apportiez un nouvel agneau chaque jour&lt;/em&gt;», écrit Avnery dans un texte diffusé par Shalom Archav (La Paix Maintenant) en septembre 2002. Et de préciser que «&lt;em&gt;cette plaisanterie cruelle [lui] revient à l’esprit chaque fois que l’idée d’un Etat binational réapparaît&lt;/em&gt;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avnery pose encore trois questions, qui sont en effet les seules qui comptent:&lt;br /&gt;Les deux parties accepteront-elles cette solution?&lt;br /&gt;Un Etat binational peut-il fonctionner?&lt;br /&gt;Mettra-t-il fin au conflit?&lt;br /&gt;Trois questions auxquelles Avnery répond résolument par la négative.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Derrière des arguments se parant du masque de la justice et d’une idéologie bien-pensante promettant des lendemains qui chantent, se cache désormais un projet d’élimination d’un pays. Un pays de trop, comme le peuple Juif fut naguère considéré comme un peuple de trop.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/29438044-114978009974316424?l=collectif-dialogue-partage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/feeds/114978009974316424/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=29438044&amp;postID=114978009974316424' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114978009974316424'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114978009974316424'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/2006/06/le-retour-dune-utopie-mortifere.html' title='LE RETOUR D&apos;UNE UTOPIE MORTIFERE'/><author><name>Collectif Dialogue &amp;amp; Partage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11853482380327392695</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-29438044.post-114977850491343680</id><published>2006-06-08T07:51:00.000-07:00</published><updated>2006-06-08T07:55:04.916-07:00</updated><title type='text'>MEL GIBSON: L'INTEGRISME SANS VOILE</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Paru dans &lt;em&gt;La Libre Belgique&lt;/em&gt; du 9 juillet 2003&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes interpellés par la vision que trahit votre article publié ce lundi 30 juin, sur base d’une dépêche de Belga, concernant la controverse autour du film de Mel Gibson, «&lt;em&gt;La Passion&lt;/em&gt;», une question qui risque en effet de susciter de vives polémiques dans les semaines à venir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi vous évoquez, sans autre précision, une campagne de dénigrement envers la vedette de la part de «militants» qui sont, ni plus ni moins, des membres de l’Anti Defamation League, véritable équivalent juif du Centre pour l’égalité des chances belge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut savoir que l‘entreprise de Mel Gibson n’est ni fortuite, ni innocente.Les parents de Mel Gibson, Hutton et Joye Gibson, ont ainsi confié au Times que «&lt;em&gt;la Shoah est une invention destinée à masquer un arrangement entre Adolf Hitler et des financiers, afin d’amener les Juifs à quitter l’Allemagne et à s’installer au Moyen-Orient afin d’y combattre les Arabes&lt;/em&gt;». Hutton Gibson a encore récemment expliqué, dans une démarche somme toute assez voisine, que «&lt;em&gt;l’attaque contre le WTC à New York n’a pas été le fait d’Al Qaida mais que les explosions ont été provoquées par une commande à distance&lt;/em&gt;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant à l’acteur-réalisateur australien lui-même, il est à l’origine de l’érection d’une église à Malibu, aux allures quasi-sectaires et prônant un catholicisme pré-conciliaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mel Gibson et sa famille sont en effet de ceux qui estiment que Vatican II, qui a lavé les Juifs de l’accusation séculaire de déicide, a été, à tous égards, un désastre absolu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;S’inspirer de sainte Anne Catherine Emmerich, figure de proue d’une conception obscurantiste de la religion, pour écrire le scénario d’un film sur la vie du Christ n’a évidemment rien d’innocent non plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On ne peut condamner les intégrismes qui ont cours sous d’autres cieux et passer sous silence celui qui tente de faire replonger l’Eglise catholique dans le Moyen Age.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En présentant implicitement Mel Gibson comme la victime d’une sorte de hargne juive – c’est en tout cas la posture qu’il se plaît à prendre lui-même ces temps-ci – vous cautionnez les forces les plus obscures qui tentent d’annuler tout le travail de réflexion que l’Eglise a fait durant ces dernières décennies.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/29438044-114977850491343680?l=collectif-dialogue-partage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/feeds/114977850491343680/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=29438044&amp;postID=114977850491343680' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114977850491343680'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114977850491343680'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/2006/06/mel-gibson-lintegrisme-sans-voile.html' title='MEL GIBSON: L&apos;INTEGRISME SANS VOILE'/><author><name>Collectif Dialogue &amp;amp; Partage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11853482380327392695</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-29438044.post-114977827723635090</id><published>2006-06-08T07:48:00.000-07:00</published><updated>2006-06-08T07:51:17.240-07:00</updated><title type='text'>DU PASSE, FAISONS TABLE RASE</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Carte blanche &lt;em&gt;Le Soir&lt;/em&gt; du 31 mai 2003&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'acceptation de la feuille de route par le gouvernement Sharon est, à n'en pas douter, un événement historique, qui a déjà enclenché une dynamique radicalement nouvelle. En effet, plusieurs années après les travaillistes et malgré l'évidente détérioration de la situation sur le terrain, le Likoud, détenteur actuel du pouvoir, admet enfin, comme l'avait fait il y a quelques semaines Ariel Sharon, la légitimité d'un Etat palestinien. Cette dynamique est également symbolisée par la légitimation officielle du terme d'« occupation » (jusqu'ici tabou dans le vocabulaire israélien officiel).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Seule une minorité dérisoire d'Israéliens n'a pas entériné cette nouvelle donne, par ailleurs rejetée par les islamistes du côté palestinien (malgré un timide début de changement d'attitude du Hamas, qui se dit prêt à envisager, conditionnellement, la fin des attentats à l'intérieur des frontières d'Israël). Malgré les énormes difficultés qui vont encore surgir sur la route de la paix, les conditions de base sont enfin réunies pour mettre fin à une guerre qui déchire la région depuis plus d'un demi-siècle et dont la poursuite ne peut, à moyen terme, que la précipiter collectivement dans l'abîme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il nous semble qu'à cette évolution positive sur le terrain, à cette renaissance de l'espoir, devrait répondre, enfin, une attitude nouvelle dans nos régions également. A l'incessante recherche des responsabilités, à la diffusion des anathèmes, aux imprécations « antisionistes » dont les relents antisémites glacent parfois d'effroi, il faudra substituer une ouverture d'esprit nouvelle. Aujourd'hui plus que jamais, au Moyen-Orient, seule la paix est révolutionnaire, seule la coexistence pacifique entre les deux peuples, israélien et palestinien, vivant dans deux Etats indépendants, de part et d'autre des frontières de 1967, vaut notre engagement militant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du passé sachons donc faire table rase, plutôt que de figer les uns et les autres dans des rôles immuables relevant du cliché bien plus que de la réalité et que de refaire sans cesse les mêmes procès et distribuer les mêmes bons et mauvais points.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a tant de méfiance, de crainte, d'angoisses diffuses qui se sont développées de part et d'autre, pour que le seul objectif digne d'être poursuivi soit désormais la facilitation de cette paix que l'on sent prête à surgir, mais qui devra forcément encore déjouer bien des obstacles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Moyen-Orient a depuis longtemps vécu sous le signe des pyromanes, si l'on excepte l'intermède d'Oslo auquel l'assassin de Yitzhak Rabin a, hélas, réussi à mettre fin par son geste odieux. Les temps semblent arrivés pour céder la place aux pompiers et cesser de verser de l'huile sur le feu. Les boycotts insensés, tels ceux des universités israéliennes, les condamnations théâtrales du genre de celles prononcées à Durban, mais aussi, à l'occasion, chez nous par des organisations dites humanitaires ou par certains hommes et femmes politiques en mal de gestes spectaculaires, les diabolisations extrêmes des dirigeants israéliens, loin d'aider le peuple palestinien à construire la patrie à laquelle il a indéniablement droit, ne fait que contribuer à le précipiter dans le malheur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paradoxalement, l'attitude extrêmement bienveillante de George Bush à l'égard d'Israël, souvent vécue avec amertume du côté palestinien, est une chance pour la paix, dans la mesure où elle fournit aux Israéliens cette réassurance dont ils ont tant besoin et contribue à apaiser les angoisses qui les dévorent, malgré leur supériorité militaire évidente et massive. Et cet apaisement lui-même est le meilleur moteur possible pour un changement d'attitude et une ouverture nouvelle du côté des dirigeants actuels d'Israël.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l'infernal cercle vicieux qui sème, depuis de longs mois, la désolation dans la région, contribuons tous à substituer un cercle vertueux, une dynamique nouvelle du dialogue et de la main tendue. Cela ne se fera pas sans mal. Les Israéliens devront renoncer, une fois pour toutes, aux vieux rêves bibliques qui habitent encore d'aucuns et reconnaître leurs responsabilités vis-à-vis des Palestiniens. Les Palestiniens devront renoncer à un impossible droit au retour exercé au sens propre du terme et se contenter d'en négocier les contreparties possibles, financières notamment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous les pays et tous les dirigeants, qu'ils soient amis des uns plutôt que des autres, doivent désormais tout faire pour pousser Israéliens et Palestiniens sur la voie de la paix, plutôt que de distribuer certificats de vertu ou admonestations de façon unilatérale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chez nous, tous nos efforts doivent tendre à appuyer des initiatives comme celles du Centre pour l'égalité des chances qui a réuni les acteurs de la société civile autour du thème « Juifs, Maghrébins, musulmans, Palestiniens, Israéliens... à Bruxelles ». Et appeler les organisations militantes à s'engager sur la voie ouverte par la Commission européenne qui vient de renouveler l'accord de coopération économique, culturelle et scientifique avec Israël.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Izzeldin Abulaische, Médecin du camp Jalabya, à Gaza&lt;br /&gt;Sara Brajbart, Philosophe et journaliste&lt;br /&gt;Maurice Einhorn, Médecin et journaliste&lt;br /&gt;au nom du Collectif Dialogue et Partage&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/29438044-114977827723635090?l=collectif-dialogue-partage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/feeds/114977827723635090/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=29438044&amp;postID=114977827723635090' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114977827723635090'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114977827723635090'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/2006/06/du-passe-faisons-table-rase.html' title='DU PASSE, FAISONS TABLE RASE'/><author><name>Collectif Dialogue &amp;amp; Partage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11853482380327392695</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-29438044.post-114977796389792770</id><published>2006-06-08T07:42:00.000-07:00</published><updated>2006-06-08T07:46:03.900-07:00</updated><title type='text'>MOYEN-ORIENT: NON AUX SIMPLISMES REDUCTEURS</title><content type='html'>«&lt;em&gt;Vers l'Orient compliqué, je partais avec des idées simples»&lt;/em&gt;, écrivait naguère Charles de Gaulle à propos du Proche-Orient. Hélas, bien des Européens ont agi de même à travers les décennies et continuent à le faire, aujourd'hui plus que jamais. Depuis le déclenchement de la deuxième Intifada, ce simplisme a en effet atteint un paroxysme, aggravé encore par le véritable syndrome de Stockholm suscité sur le vieux continent par les attentats du 11 septembre. Une partie de l'opinion a effectué un singulier renversement dans la vision de cet événement majeur, la victime (américaine) devenant bourreau, les tueurs acquérant peu ou prou le statut, sinon de victimes, du moins de porte-drapeaux des "damnés de la terre". Ce plus grand attentat terroriste de tous les temps, cet authentique moment de vérité, est devenu pour certains en Europe une simple péripétie alors qu'il inaugure l'ère du nihilisme mondialisé, comme l'écrit André Glucksmann &lt;span style="font-size:85%;"&gt;(1).&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'antisémitisme, mis sous le boisseau pendant des décennies, commence à pointer à nouveau ici et là. Même si, dans notre pays, il reste encore marginal et moins prononcé que la xénophobie ambiante, notamment anti-maghrébine. Et même si les pouvoirs publics et la Belgique officielle ne participent nullement à ce phénomène, il a perdu son caractère jusque-là "politiquement incorrect". Les Juifs sont de nouveau confrontés au caricatural "je ne suis pas antisémite, mais... ". Beaucoup éprouvent un angoissant malaise dans ce pays, leur pays. Le phénomène n'est évidemment pas limité à la Belgique. Pour s'en assurer, on citera Monseigneur Rowan Williams, l'archevêque du Pays de Galles, qui fait partie de ces ecclésiastiques britanniques inquiets de voir que l'opposition à Israël est souvent motivée par un antisémitisme profondément enraciné dans la théologie chrétienne (antérieure à Vatican 2, ajouterions-nous) &lt;span style="font-size:85%;"&gt;(2)&lt;/span&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans une carte blanche publiée par Le Soir daté du 17 octobre dernier, Ouri Wesoly, qui fut jadis rédacteur en chef de &lt;em&gt;Regards&lt;/em&gt;, verse lui aussi dans le simplisme le plus radical lorsqu'il traite ce malaise par un sarcasme méprisant. Son analyse, dénuée de toute lucidité, dédouane tous ceux qui, depuis deux ans, "dérapent" dans les propos qu'ils tiennent à propos des Juifs et d'Israël.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certes, nous ne sommes pas dans l'Allemagne nazie de 1933, ni dans la France maurrassienne de l'avant-guerre. La Belgique n'est pas un pays antisémite. Il n'en reste pas moins qu'un nombre croissant de leaders d'opinion recourent aujourd'hui aux clichés les plus éculés, habilement enrobés dans un discours prétendument antisioniste. L'antisionisme est devenu le discours politiquement correct d'une certaine gauche et de l'extrême droite. Il faudrait être sourd pour ne pas l'entendre. Ou vivre dans un ghetto.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi, comment ne pas être troublés par les propos tenus par Josly Piette, secrétaire général de la CSC, sur les ondes de la RTBF dans le cadre de l'émission dominicale de Paul Germain? Interrogé sur les images de l'attentat de Bali, M. Piette condamne fermement celui-ci, en ajoutant tout aussitôt les propos suivants: «&lt;em&gt;Il y a bien sûr aussi des raisons que l'on peut analyser par rapport à ce type de comportement et on y reviendra, lorsqu'on parlera notamment d'Israël et du comportement d'Israël et des Américains»&lt;/em&gt;. On aura reconnu une fois de plus l'éternel c'est la faute aux Juifs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Le Soir&lt;/em&gt;, ce journal avec lequel la communauté juive entretenait une histoire d'amour depuis belle lurette, n'a pas été exempt de dérapages que nous jugeons regrettables. Faut-il le dire, la publication de certains courriers de lecteurs, de cartes blanches ou d'articles que nous estimons partiaux (tel le reportage sur le terroriste expatrié de Bethléem) ont blessé une grande partie de la communauté juive et non seulement une poignée de Juifs d'extrême-droite, comme Oury Wesoly se plait à le croire. Est-ce faire preuve de " l'esprit de ghetto " que de s'indigner de la manière dont certains journalistes de la presse écrite et audio-visuelle rendent compte du conflit au Moyen-Orient. Reconnaissons que le fait d'être publié aujourd'hui dans les colonnes de ce journal, exprime le désir de tourner la page.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ni Arafat, ni Sharon ne semblent vouloir envisager une perspective pacifique au conflit qui endeuille leurs peuples mais, verser dans un simplisme qui conduit à donner un blanc seing aux dirigeants les plus sanguinaires en réservant ses foudres au seul Premier ministre d'Israël n'aide à progresser ni dans la compréhension ni dans la solution de ce conflit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce manichéisme simplificateur embrouille les esprits et ne favorise pas la créativité. Or n'est-ce pas de créativité que nous avons besoin ? De cette créativité qui a su faire lever un Gandhi ou abattre le mur de Berlin. Et qui amènera les Palestiniens à renoncer aux attentats et les Israéliens à évacuer les territoires et sonner enfin, le glas de ce conflit fratricide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* anciens et actuels collaborateurs de Regards : Sara Brajbart (présidente-directrice de rédaction), Maurice Einhorn (rédacteur), Michel Gross (rédacteur), Pascale Gruber (secrétaire de rédaction), Dan Kotek ( rédacteur en chef), Joël Kotek (directeur de rédaction), Michel Laub (rédacteur), Shirly Laub (rédactrice), Eliyahou Reichert (rédacteur en chef), Viviane Teitelbaum (rédactrice en chef) ; et du Cclj suivants : Hubert Benkoski (judaisme), Ouzia Chait (pédagogie-judaisme), Liliane Charenzowski (directrice), Béatrice Godlewicz (directrice de la Maison des Jeunes), Evelyne Guzy (membre), Ruth Kupfersztein (comité culture), Jacques Kummer (comité culture), Albert Szyper (fondateur), Lizi Wimmer (comité culture),Jacques Zajtman (membre)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;(1) A. Glucksmann. Dostoievski à Manhattan, Robert Laffont&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;(2) The Spectator, 16-02-2002&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/29438044-114977796389792770?l=collectif-dialogue-partage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/feeds/114977796389792770/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=29438044&amp;postID=114977796389792770' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114977796389792770'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114977796389792770'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/2006/06/moyen-orient-non-aux-simplismes.html' title='MOYEN-ORIENT: NON AUX SIMPLISMES REDUCTEURS'/><author><name>Collectif Dialogue &amp;amp; Partage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11853482380327392695</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-29438044.post-114977725348814404</id><published>2006-06-08T07:27:00.000-07:00</published><updated>2006-06-08T07:47:19.686-07:00</updated><title type='text'>LA PAIX SUICIDEE?</title><content type='html'>&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/4488/3136/1600/La%20pai1.2.jpg"&gt;&lt;img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/4488/3136/320/La%20pai1.2.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/1571/1667/1600/La%20pai1.jpg"&gt;&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Version complète de l’article publié dans &lt;em&gt;Le Vif- L’Express&lt;/em&gt; du 25 octobre 2002 en version légèrement abrégée&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’opinion publique a été profondément bouleversée par le déclenchement de la seconde intifada. Dans des milieux éclairés, guerre des pierres, guérilla et bombes humaines furent interprétés comme l’expression d’un désespoir profond. De même, lors des attentats du 11 septembre à New York, nombre d’analystes s’interrogèrent sur la cause de ces attaques sans poser de jugement sur leurs modes d’action ou leurs conséquences. Comme si la fin justifiait les moyens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’Occident serait donc coupable de la misère et de l’humiliation du monde musulman, nouveau symbole des «damnés de la terre». Le voici en train de verser inlassablement son «sanglot de l’homme blanc», selon l’expression de Pascal Bruckner; sentiment de culpabilité aussitôt transféré sur les Etats-Unis et surtout sur Israël, devenu un bouc émissaire planétaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On ne veut pas voir que nombre de partisans de cette nouvelle barbarie sont issus de familles aisées. On ne tient pas compte du rôle de la corruption et de l’incompétence de leurs chefs dans les souffrances réelles des Palestiniens. De même que dans les années 50 et 60, on ne dénonçait pas les goulags pour ne pas faire le jeu de la droite, on gomme tout ce qui noircirait les Palestiniens pour ne pas nuire à leur cause ! On retient seulement que poussés au désespoir par l’occupation, ceux-ci n’auraient d’autre choix que le terrorisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Israël, ainsi chargé de tous les péchés, comme dans la plus pure tradition judéophobe, est mis au ban des nations par des personnes bien intentionnées faisant souvent fi de la réalité. Toute tentative d’expliquer l’extrême complexité proche-orientale tourne court. Simultanément, les vieux démons antisémites remontent à la surface. Ils se parent tantôt du masque de l’antisionisme, tantôt marchent à découvert. L’horrible One Jew, one bullet (un Juif, une balle) entendu lors du sommet de Durban, illustre la dérive en cours dans les milieux tiers-mondistes. Bien des citoyens juifs de notre pays pourraient également témoigner de la recrudescence très nette de petites phrases assassines et de sous-entendus hostiles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’un des aspects les plus outranciers et les plus choquants de cette dérive réside dans une véritable réécriture de l’Histoire; des faits qui vont de l’époque de la création de l’Etat d’Israël aux événements actuels sont réaménagés pour se conformer aux thèses revendiquées aujourd’hui. On entend ainsi une chaîne de télévision de service public assurer qu’en 1948, les Israéliens ont refusé le plan de partage de l’ONU et attaqué leurs voisins arabes. Alors que ces décisions ont été prises par les Arabes! &lt;span style="font-size:85%;"&gt;(1)&lt;/span&gt; Le refus d’une approche nuancée amène également à nier le triple « non » de Khartoum, un « non » opposé par l’ensemble des pays arabes à Israël. A l’Etat hébreu qui proposait l’échange de la Cisjordanie contre la paix, la réponse fut «non à la paix avec Israël, non à la reconnaissance d’Israël, non à la négociation avec Israël». Ce qui gela pendant 20 ans toute relation entre Israel et les pays arabes. Il faut aussi rappeler qu’Anouar-el-Sadate paya de sa vie la toute première rupture de ce triple refus et que ce furent déjà des islamistes radicaux qui l’assassinèrent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant à Sharon, il est présenté comme la cause unique de la seconde intifada. Or, de multiples sources attestent que l’événement fut préparé de longue date. Cela ne déresponsabilise pas le Premier Ministre israélien. Car comme l’écrit l’historien Zeev Sternhell dans le quotidien de gauche israélien Haaretz du 11 octobre 2002 : «&lt;em&gt;Pour le Premier ministre Ariel Sharon et la droite qui soutient la colonisation, une situation sans solution constitue en elle-même la solution idéale&lt;/em&gt;». Néanmoins, si Sharon est aujourd’hui Premier ministre, c’est à cause du non têtu qu’opposa Arafat aux propositions réalistes d’Ehud Barak lors des négociations de Taba. Et aujourd’hui nous assistons à une dialectique infernale du refus dans laquelle Sharon et Arafat semblent tous deux littéralement englués.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le conflit israélo-palestinien a revêtu un caractère emblématique qui ne sert en rien ses protagonistes. En référence à « la guerre des pierres », les Palestiniens ont été parés du costume du David biblique. Sans cesse mentionnés par les islamistes comme le symbole de l’humiliation du monde musulman, pourront-ils se défaire de cette mission trop lourde pour eux, pour aborder concrètement avec les Israéliens les questions liées aux négociations de paix ? Les statistiques récemment parues prouvent la volonté des Israéliens de parvenir à une solution négociée comprenant le retrait des colonies, malgré le traumatisme causé par les attentats-suicides. &lt;span style="font-size:85%;"&gt;(1)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car ce ne sont plus des pierres que l’on lance cette fois, mais des bombes humaines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi avons-nous assisté à une recrudescence de ces attentats alors que la paix se profilait à l’horizon? Que veulent réellement ceux qui les ont commandités ? Comment sont embrigadés les jeunes prêts à se faire sauter? Derrière les appels au Jihad lancés par certains mollahs, pourquoi ne dénonce-t-on pas l’instrumentalisation de l’Islam, vénérable religion? Pourquoi ne se trouve-t-il personne pour signaler qu’il s’agit d’une véritable conquête du pouvoir par des aspirants-dictateurs? Quant aux fonds versés mensuellement par l’Union Européenne à l’autorité palestinienne, pourquoi toute demande d’enquête ou de contrôle sur leur affectation est-elle bloquée par les commissaires européens?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les forces de progrès devraient inlassablement œuvrer pour une solution conciliant les aspirations des deux peuples, plutôt que de verser de l’huile sur le feu des passions en diabolisant l’un des protagonistes. Les anathèmes unilatéraux ne font en rien progresser la marche vers l’indispensable paix entre les peuples israélien et palestinien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sara Brajbart-Zajtman, Ouzia Chait, Maurice Einhorn, Evelyne Guzy, Michel Gross, Francis Grunchard, Joël Kotek et Jacques Kummer, membres du Collectif Dialogue et Partage Diaboliser un seul des protagonistes n’oeuvre pas à une solution conciliant les aspirations des deux peuples, mais ne sert qu’à verser de l’huile sur le feu. Références générales (ne figurant pas dans le texte par &lt;em&gt;Le Vif-L’Express&lt;/em&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;(1) Sondage sur l’attitude des Israéliens face à leur gouvernement et au conflit actuelSondage publié par le quotidien israélien Maariv, le 4 octobre 2002, traduit par Gérard Eizenberg et mis sur le site de La Paix Maintenant France. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;(2) Résolution 181 de l’ONU instaurant un plan de partage de la Palestine:http://www.proche-orient.info/xdocument_txt.php3?id_article=292- Carte correspondant au partage&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;(3) Deux livres d'histoireElie Barnavi. Une histoire moderne d'Israël. coll. Champs, Flammarion, 1991.Ilan Greilsammer. &lt;em&gt;La nouvelle Histoire d'Israël&lt;/em&gt;. coll. Les Essais, Gallimard, 1998 &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;(4) Daniel Cohen. Terrorisme : la pauvreté n'est pas coupable. &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt;, 5 octobre 2002&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/29438044-114977725348814404?l=collectif-dialogue-partage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/feeds/114977725348814404/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=29438044&amp;postID=114977725348814404' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114977725348814404'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114977725348814404'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/2006/06/la-paix-suicidee.html' title='LA PAIX SUICIDEE?'/><author><name>Collectif Dialogue &amp;amp; Partage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11853482380327392695</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-29438044.post-114977680505678228</id><published>2006-06-08T07:23:00.000-07:00</published><updated>2006-06-08T07:26:45.063-07:00</updated><title type='text'>LES PRIVILEGES DE PAPON</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Paru dans &lt;em&gt;Le Soir&lt;/em&gt; du 1er octobre 2002&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La libération de Maurice Papon, choquante en soi aux yeux de beaucoup, l'est surtout pour les circonstances qui l'ont entourée. Cet individu qui n'a pas hésité à envoyer à la mort des hommes, des femmes et des enfants, pour le seul motif qu'ils étaient juifs et qui, malgré cela, amené ensuite une carrière où il a bénéficié de tous les honneurs, parvenant à devenir ministre de Raymond Barre, sous la présidence de Giscard d'Estaing, n'aurait en aucun cas dû être libéré presqu'à la sauvette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne méritait nulle clémence particulière d'autant moins que les statistiques de l'administration pénitentiaire française indiquent clairement que de nombreux vieillards, dont plusieurs nonagénaires végètent aujourd'hui encore derrière les barreaux, et ce pour des crimes sans aucun doute moins odieux que ceux de Papon. Ceci prouve bien que le grand âge n'est pas en soi un motif suffisant pour libérer un prisonnier.Mais les circonstances dans lesquelles il a été mis fin à l'incarcération de Papon aggravent considérablement le malaise et même l'écœurement dont nous avons été saisis. Cet homme est décrit comme « grabataire » &lt;span style="font-size:85%;"&gt;(2)&lt;/span&gt; dans le rapport médical sur lequel se sont fondés les juges qui ont pris la décision de le libérer. Cependant, il est sorti d'un pas tout à fait alerte de la prison, ce qui a d'emblée donné l'impression d'une véritable tromperie à tous les spectateurs de la scène. Ses avocats, d'une combativité et d'une agressivité extrêmes depuis le début , nous promettant encore de belles vengeances en son nom, ont ajouté une touche supplémentaire à ce sombre tableau en précisant que le terme de « grabataire » ne devait pas être pris à la lettre. On ne peut évidemment qu'avoir le souffle coupé à entendre un juriste nous expliquer, sans vergogne, que les mots utilisés dans un rapport médical, rédigé de surcroît à la demande d'un tribunal, ne doivent pas être interprétés de façon littérale. Et ce alors que l'on ne cesse d'enseigner aux futurs médecins qu'il faut toujours tourner sa plume sept fois dans son encrier avant de rédiger un quelconque document de ce type, dans la mesure où il s'agit d'un acte aux conséquences potentiellement redoutables. Faut-il encore rappeler avec quelle promptitude l'Ordre des médecins sévit fréquemment pour sanctionner les auteurs de certificats dits de complaisance ? On comprend que Georges Sarre, vice-président du Pôle républicain en France, ait interpellé le président du Conseil national de l'Ordre des médecins, Jean Langlois, sur la validité des rapports médicaux incriminés. Le rapport médical, rappelons-le une fois encore, pièce maîtresse du dossier d'évaluation de la demande de sortie de prison de Papon, nous faisait en effet entrevoir un vieillard cacochyme devant qui même les proches des victimes n'eussent pu réprimer un éphémère moment de cette pitié qui lui a toujours tellement fait défaut face à ses innocentes victimes. Le vieillard gravement malade, aux portes de la mort, aurait pu faire oublier l'espace d'un instant les horreurs de Vichy et cet inexcusable massacre auquel il présida, quelque quinze ans plus tard, en tant que préfet de police et qui est entré dans l'histoire sous le nom de tuerie du métro Charonne &lt;span style="font-size:85%;"&gt;(3). &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais ce qui nous fut donné à voir n'était pas le délabrement d'un homme ayant tout perdu de sa sinistre superbe; on a, au contraire, vu un vieillard à l'allure encore fière, narguant littéralement les spectateurs de la scène et se rendant d'un pas ferme et décidé à sa voiture pour rejoindre sa luxueuse propriété. L'imposture et le mensonge éhonté s'ajoutaient à une histoire écrite dans le sang.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le renoncement à tout acharnement vengeur, à tout châtiment à la mesure du crime commis peut même apparaître comme un progrès de type humaniste, dans la même optique que l'abolition de la peine de mort notamment. Et que ce progrès induise une remise en question du rôle de l'univers carcéral n'est pas pour nous déplaire. Mais que cette avancée de l'humanité, plutôt que de bénéficier d'abord à des centaines de délinquants infiniment moins célèbres et aux méfaits tellement plus anodins, profite à un individu au passé si lourd, aux crimes si abjects et qui de surcroît a l'arrogance de jeter des anathèmes par la bouche de ses avocats sans manifester l'once d'un regret a de quoi surprendre et indigner. ·&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;(1) Le Collectif « dialogue et partage » regroupe des intellectuels juifs et non juifs. Plateforme et liste complète des membres sur internet : &lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.dialogue-partage.org"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;www.dialogue-partage.org&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;(2) Grabataire, tant du point de vue étymologique que pour ce qui est du sens usuel, désigne quelqu'un qui est à ce point malade qu'il ne peut quitter son lit&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;(3) Répression brutale d'une manifestation anti-OAS, dans le cadre de la guerre d'indépendance de l'Algérie, qui fit neuf morts et de très nombreux blessés et dont  &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; écrivit qu'il s'agissait du «&lt;em&gt;plus sanglant affrontement entre policiers et manifestants depuis 1934&lt;/em&gt;».&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sara Brajbart, Philosophe&lt;br /&gt;Ouzia Chait, Pédagogue&lt;br /&gt;Maurice Einhorn, Médecin&lt;br /&gt;Danielle Waks-Wajs, Médecin&lt;br /&gt;Au nom du Collectif « dialogue et partage »&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/29438044-114977680505678228?l=collectif-dialogue-partage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/feeds/114977680505678228/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=29438044&amp;postID=114977680505678228' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114977680505678228'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114977680505678228'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/2006/06/les-privileges-de-papon.html' title='LES PRIVILEGES DE PAPON'/><author><name>Collectif Dialogue &amp;amp; Partage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11853482380327392695</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-29438044.post-114977656460995469</id><published>2006-06-08T07:19:00.000-07:00</published><updated>2006-06-08T07:22:44.616-07:00</updated><title type='text'>A PROPOS DU SIONISME</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Texte publié (en version abrégée) en courrier des lecteurs du Vif/L’Express du 21 juin 2002, en réponse à la chronique de Jean Sloover du 10 mai 2002&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Note de Dialogue et Partage: on peut légitimement s’interroger sur l’obstination de certains à refuser toute majuscule à Juif en tant que substantif . Il s’agit, sur ce point précis, de bien autre chose que d’orthographe.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; La chronique de Jean Sloover intitulée "&lt;em&gt;A propos du sionisme&lt;/em&gt;" et publiée dans l'édition du 10 mai 2002 du &lt;em&gt;VIF-L'EXPRESS&lt;/em&gt; consiste en une série de réflexions sur l'essence du sionisme et pose la question du droit pour les non-Juifs d'être antisionistes, ce droit étant d'emblée reconnu aux Juifs. Question légitime, si ce n'est que l'auteur verse dans une réelle confusion à propos du concept même de sionisme. On en veut pour preuve la phrase mise en exergue au centre de l'article: «&lt;em&gt;La majorité des Juifs de la diaspora sont attachés à Israël. Tous ne soutiennent pas pour autant sa politique.Cet 'antisionisme moderne' est-il interdit aux non-Juifs?&lt;/em&gt;» Jean Sloover identifie donc les opposants juifs à la politique israélienne actuelle à des anti-sionistes. Il s'agit d'un amalgame abusif, mais qui montre bien l'invraisemblable confusion qui règne dans les esprits. Car il va de soi que l'on peut parfaitement s'opposer à la politique du gouvernement israélien - et de nombreux Israéliens et Juifs de la diaspora ne s'en privent guère si l'on en juge le succès de la dernière manifestation du mouvement « La Paix Maintenant » - sans remettre en cause l'existence de l'Etat d'Israël et la légitimité du retour des Juifs en Israël. Même les opposants les plus farouches à Sharon, ces refuzniks qui préfèrent subir la prison que de servir dans les territoires occupés, ne se prétendent pas antisionistes et restent fidèles à un Etat à majorité juive. Il est vrai qu'historiquement, une partie du peuple juif, des ultra-orthodoxes aux marxistes, en passant par les «assimilationnistes», s'est opposée au sionisme conçu comme la solution au problème de l'antisémitisme dans les pays de l'exil. Il n'en demeure pas moins qu'aujourd'hui, peu de Juifs manifestent une opposition active au sionisme. Tout au plus, ceux-ci adoptent-ils une attitude a-sioniste, c'est-à-dire qu'ils n'accordent aucune valeur privilégiée à Israël; on trouve parmi eux les tenants d'un Etat laïque et multiculturel au Moyen-Orient réunissant Juifs et Arabes. Et si l'on excepte les Juifs assimilés qui ne revendiquent plus leur identité juive, la grande majorité du peuple juif soutient la centralité d'Israël et le principe de la loi du retour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En réalité, le texte de Jean Sloover semble vouloir remettre remettre en question le principe même d'un Etat juif en s'appuyant sur les tribulations du mouvement sioniste. Il ne s'agit plus ici de conspuer Sharon ou de condamner une occupation mais bien davantage de dénier aux Juifs le droit de vivre dans un Etat juif. Et il n'est pas le seul à partager ce point de vue. Ce glissement pernicieux vers un antisionisme avoué, de plus en plus perceptible dans les différentes couches de la population, nous semble, autant que l'antisémitisme, le véritable enjeu du débat actuel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En définitive, si l'on pouvait être antisioniste avant la Shoah et avant la création d'Israël parce que l'on jugeait le principe d'un Etat juif, sacrilège, inutile, chimérique ou risqué, être antisioniste après 1948 revient à vouloir détruire l'Etat d'Israël dans son fondement, celui d'un espace national et démocratique où peut se gérer une large part de l'identité juive à travers ses contradictions et ses conflits. Il est plus utile d'encourager le débat à l'intérieur de ce territoire plutôt que de souhaiter que l'Histoire n'ait pas eu lieu et qu'Israël n'ait pas existé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Doubi Ajami ( ingénieur), Sara Brajbart (philosophe et journaliste), Hanan Buch (employé), Ouzia Chaït (pédagogue), Henri Chaït (lecteur), Liliane Charenzowski (psychologue), Maurice Einhorn (médecin et journaliste), Corinne Evens(gérante), Béatrice Godlewicz (directrice d'école) Véronique Golard (juriste), Samy Grauer (ingénieur), Michel Gross(sociologue), FrancisGrunchard (ingénieur), Lucyna Guttman (consultante), Evelyne Guzy(journaliste), Georges Hirsh (architecte), Maryvonne Jurdan (médecin), Richard Kenigsman (artiste), Dan Kotek ( journaliste ), Joël Kotek (historien), Jacques Kummer (chimiste), Ruth Kupfersztein(biochimiste), Marek Poznanski (agronome), Michel Laub (enseignant), Dominique Salomon(enseignante), Johan Vekemans(médecin), Danièle Waks (médecin), Lizi Wimmer (publicitaire), et Jacques Zajtman(architecte), membres du Collectif Dialogue et Partage.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/29438044-114977656460995469?l=collectif-dialogue-partage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/feeds/114977656460995469/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=29438044&amp;postID=114977656460995469' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114977656460995469'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114977656460995469'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/2006/06/propos-du-sionisme.html' title='A PROPOS DU SIONISME'/><author><name>Collectif Dialogue &amp;amp; Partage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11853482380327392695</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-29438044.post-114977638067907868</id><published>2006-06-08T07:13:00.000-07:00</published><updated>2006-06-08T07:19:40.683-07:00</updated><title type='text'>SHARAFAT ET LA TRAGEDIE ISRAELO-PALESTINIENNE</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Paru dans &lt;em&gt;Le Soir&lt;/em&gt; du 11 avril 2002&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde»&lt;/em&gt; (Albert Camus)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Moyen-Orient se trouve plongé aujourd'hui dans une tragédie dont on a bien du mal à entrevoir l'issue. Aux attentats inhumains des islamistes radicaux et de certaines milices proches du Fatah répond une logique aveugle de répression militaire, elle-même de nature à faciliter le recrutement des poseurs de bombes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le prêt-à-penser ne s'accommodant par définition guère de la complexité, on assiste, parallèlement à cette dégradation continue, à une dérive dans le discours médiatique et politique concernant le conflit. L'hypertrophie du verbe et le recours incessant à des images et à des comparaisons radicales alimentent un parti pris massivement anti-israélien. On avance le concept de génocide, on invoque l'image d'Auschwitz et on se réfère au nazisme pour diaboliser un Premier ministre israélien qui devient une nouvelle figure de Satan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Palestiniens, qu'ils soient combattants ou civils, se voient, eux, au contraire, décerner de façon univoque le statut de victimes, définitivement refusé à qui que ce soit du côté israélien. C'est une vision en noir et blanc absolue, du type western, où se rejoue l'éternel affrontement entre le Bien et le Mal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parmi les nombreux glissements sémantiques qui pervertissent littéralement le sens du récit médiatique sur le conflit, figure le qualificatif d'extrémiste accolé, de façon parfaitement symétrique, à Ariel Sharon et aux terroristes du Hamas et du Djihad islamique. Cette opposition a pour résultat de conférer à Yasser Arafat une image de modéré à la recherche effrénée d'une paix que Sharon s'évertue à lui refuser. Et qualifier de pacifistes ou de héros de la paix ceux qui tel José Bové n'ont cessé depuis des années de marquer un soutien indéfectible à la cause palestinienne et de réserver leurs critiques aux seuls Israéliens représente une de ces dérives sémantiques qui ne cesse d'alimenter le cycle infernal de l'incompréhension mutuelle et, partant, de retarder un dialogue si difficile et pourtant indispensable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En réalité, Arafat et Sharon sont comme l'image en miroir l'un de l'autre, au point qu'Amos Oz, écrivain pacifiste israélien parlait récemment de Sharafat. L'un comme l'autre s'avèrent totalement incapables d'imposer à son peuple le renoncement à certains rêves (le Grand Israël et le mythe de l'indivisibilité de Jérusalem, capitale éternelle d'Israël, pour Sharon, le retour en Israël des descendants des réfugiés palestiniens de 1948, pour Arafat). Sadate et Rabin, et longtemps avant eux le roi Abdallah de Jordanie, ont payé de leur vie cette remise en question.A Taba, &lt;span style="font-size:85%;"&gt;(2)&lt;/span&gt; Ehud Barak s'était engagé résolument sur cette voie, mais, mis au pied du mur, Arafat lui a opposé un refus. Il a préféré rester pour toujours Abou Amar, le prestigieux dirigeant d'un mouvement de libération, plutôt que de s'engager sur la voie du compromis, dangereux pour sa propre image et peut-être pour sa vie. Il a de ce fait précipité la défaite électorale massive de la gauche en Israël.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme l'écrit Philippe Val dans &lt;em&gt;Charlie Hebdo&lt;/em&gt; du 3 avril, Comment peut-on penser que la peur que font régner les attentats contre les civils n'a pas eu comme conséquence immédiate l'arrivée au pouvoir d'hommes comme Sharon. Sharon est un produit d'Arafat qui a toujours tenu sous le coude un mouvement terroriste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De même, Arafat a-t-il cru pouvoir amener les Israéliens en position de faiblesse à la table de négociations en lançant la deuxième intifida qui, contrairement à la révolte des pierres, est une insurrection armée.C'est ce jour-là que la guerre a fait sa réapparition dans la région.A faire de ce conflit tragique un nouvel épisode de la lutte du Bien contre le Mal, du bourreau contre la victime, on dessert grandement la paix. Comme le souligne, dans le Monde du 5 avril, Ilan Greilsammer, l'un des piliers du camp de la paix en Israël, cet aveuglement anti-israélien a des conséquences absolument catastrophiques au lieu d'avoir des effets bénéfiques pour le processus de paix. La diabolisation continue d'Israël a sharonisé bon nombre d'Israéliens et a détruit le camp de la paix. &lt;span style="font-size:85%;"&gt;(4)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et l'angélisation des leaders palestiniens les a exonérés de leurs responsabilités envers leur peuple.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mot résistance seriné par les extrémistes et repris par certains médias, pour définir la lutte contre Israël, se réfère outrageusement à la résistance française pendant l'occupation allemande. Il faut le rappeler: les résistants ne s'attaquaient pas aux civils, n'utilisaient pas les enfants et ne recouraient pas aux attentats suicides. Ce ne sont ni les mêmes méthodes ni les mêmes valeurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En oubliant de condamner le terrorisme contre les populations civiles, la manifestation &lt;em&gt;Ensemble contre la haine&lt;/em&gt; de dimanche dernier n'a pas failli au manichéisme ambiant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jeter de l'huile sur le feu qui embrase le Proche-Orient ne sert que ceux qui rêvent d'une ultime et décisive confrontation et contribue à précipiter les deux peuples dans un malheur indicible .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sara Brajbart, philosophe et journaliste et un groupe de cosignataires cités en note (1)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;(1) Ouzia Chaït (pédagogue), Henri Chaït (lecteur), Maurice Einhorn (médecin et journaliste), Véronique Golard (juriste), Michel Gross (sociologue), Francis Grunchard (ingénieur), Dan Kotek (journaliste), Joël Kotek (historien), Jacques Kummer (chimiste), Ruth Laub (biochimiste), Michel Laub (enseignant), Lizi Wimmer (publicitaire) et Jacques Zajtam (architecte).&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;(2) A propos des accords de Taba, combien de fois n'a-t-on pas reproché à Israël de proposer aux Palestiniens un pays morcelé Or, rien n'est plus faux ni plus malhonnête. Pour se faire une opinion objective, le lecteur se reportera à la carte tracée par des experts de l'autorité palestinienne à www.mondediplomatique.fr/ cartes/IMG/artoff8070.jpg&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;(3) Depuis le début de la seconde intifada: 1.100 morts palestiniens soit moins de 3morts par jour, 3 morts de trop bien sûr ; par comparaison, la guerre du Congo depuis août 1998 a tué 3.500.000 de personnes soit 3.000 morts par jour.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;(4) Bien qu'un sondage publié dans l'édition du 5 avril de &lt;em&gt;Yedioth Aharonot&lt;/em&gt;, un grand quotidien israélien de l'importance du Soir indique que 73% considèrent que si les attentats suicides cessent, Israël doit entamer des négociations.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/29438044-114977638067907868?l=collectif-dialogue-partage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/feeds/114977638067907868/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=29438044&amp;postID=114977638067907868' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114977638067907868'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114977638067907868'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/2006/06/sharafat-et-la-tragedie-israelo.html' title='SHARAFAT ET LA TRAGEDIE ISRAELO-PALESTINIENNE'/><author><name>Collectif Dialogue &amp;amp; Partage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11853482380327392695</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-29438044.post-114977594800933680</id><published>2006-06-08T07:09:00.000-07:00</published><updated>2006-06-08T07:12:28.010-07:00</updated><title type='text'>LES MOTS JUSTES</title><content type='html'>«&lt;em&gt;Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde&lt;/em&gt;», disait Camus.&lt;br /&gt;Force est de constater que l’inexactitude des mots employés pour désigner les différents aspects du conflit du Moyen-Orient ne contribue pas à sa compréhension, encore moins à sa résolution.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi par exemple, le mot «résistance» utilisé par le Hamas, et repris par certains médias, pour définir sa lutte contre Israël, en se référant à la résistance française sous l’occupation allemande. Il faut le rappeler : les résistants ne s’attaquaient pas aux civils, n’utilisaient pas les enfants et ne recouraient pas aux attentats-suicide. Ce ne sont ni les mêmes méthodes ni les mêmes valeurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi aussi le terme «sionisme»  présenté aujourd’hui comme une doctrine raciste et expansionniste alors qu’il n’est que le droit du peuple juif à l’auto-détermination.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En réaction, s’est constitué un antisionisme virulent, repaire d’antisémites masqués ou inconscients, au prix d’un désinvolte glissement de sens entre sionisme et colonialisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour rester rigoureux sur le plan sémantique, au mot «antisémitisme», il vaut mieux substituer aujourd’hui le mot «judéophobie» &lt;span style="font-size:85%;"&gt;(1)&lt;/span&gt; qui permet d’englober l’islamo-progressisme, sa nouvelle figure de proue. Cette connivence entre l’islamisme radical et l’extrême-gauche ne permet plus une lecture saine des événements. Ainsi lorsqu’une information est donnée à propos d’une riposte israélienne, celle-ci est dénoncée avec une telle force qu’elle n’apparaît plus comme une réponse à la violence mais comme l’origine même de la violence, oblitérant complètement l’acte qui l’a provoquée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nul doute que l’approximation ou l’inappropriation des termes pour expliquer le conflit ont renforcé un manichéisme où les bons sont les Palestiniens et les mauvais les Israéliens et à travers ceux-ci, les Juifs. Une transposition qui n’est pas sans conséquences sur notre vivre-ensemble.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aux responsables politiques de rectifier le tir en offrant à la jeunesse, un véritable projet de société qui les détourne des faux messagers de la paix. Aux pédagogues de mettre en place un système éducatif qui forme à la citoyenneté et à l'emploi des mots justes qui favorise l'apaisement des conflits. Et que le rôle des hommes et des femmes de bonne volonté qui tiennent à être présents sur la scène où se joue le conflit du Moyen-Orient ne se réduise pas à angéliser Arafat et à diaboliser Sharon mais à solliciter l’imagination de tous pour rendre l’espoir et le goût de vivre aux peuples palestinien et israélien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sara Brajbart (philosophe et journaliste), Ouzia Chaït (pédagogue), Henri Chaït (lecteur), Maurice Einhorn (médecin et journaliste), Véronique Golard (juriste), Michel Gross (sociologue), Francis Grunchard (ingénieur), Dan Kotek (journaliste), Joël Kotek (historien), Jacques Kummer (chimiste), Ruth Laub (biochimiste), Michel Laub (enseignant), Lizi Wimmer (publicitaire) et Jacques Zajtman (architecte)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;(1) Pierre-André Taguieff.  La nouvelle Judéophobie, ed.Mille et une nuits et Guy Konopnicki. La faute des Juifs, Balland.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/29438044-114977594800933680?l=collectif-dialogue-partage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/feeds/114977594800933680/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=29438044&amp;postID=114977594800933680' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114977594800933680'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114977594800933680'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/2006/06/les-mots-justes.html' title='LES MOTS JUSTES'/><author><name>Collectif Dialogue &amp;amp; Partage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11853482380327392695</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-29438044.post-114977569479302875</id><published>2006-06-08T07:04:00.000-07:00</published><updated>2006-06-08T07:08:14.796-07:00</updated><title type='text'>L'ANNEE DE TOUTES LES REGRESSIONS</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Paru le 9 avril 2002 dans la Libre Belgique en réponse à la tribune libre de Francis Martens intitulée «Deux lectures de l’histoire» (et rebaptisée «La vérité a péri») et parue le 3 avril 2002&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;COLLECTIF D'INTELLECTUELS JUIFS&lt;span style="font-size:78%;"&gt; (1)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La critique de Sharon, légitime s'il en est, se mue en procès sans appel d'Israël et à sa diabolisation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a un an, c'est-à-dire une éternité, la paix au Proche-Orient était à portée de main. A Camp David puis à Taba, Ehoud Barak acceptait de restituer aux Palestiniens la quasi-totalité des territoires occupés et se montrait prêt à renoncer au mythe tenace de l'indivisibilité éternelle de Jérusalem. Mais alors que l'impossible semblait enfin atteint, Arafat brandissait, en échange, le problème du droit au retour des réfugiés, pulvérisant du coup l'édifice patiemment mis sur pied. Abou Amar a ainsi ouvert à Taba la voie royale qui allait amener quelques semaines plus tard Ariel Sharon au pouvoir en Israël. Jean-Marie Colombani a mille fois raison d'écrire à ce propos dans son éditorial du &lt;em&gt;Monde&lt;/em&gt;, daté du 3 avril, que «&lt;em&gt;Sharon c'est le choix d'Arafat&lt;/em&gt;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette formidable régression, qui a amené en quelques mois à peine Israéliens et Palestiniens, pourtant condamnés à s'entendre, au bord du gouffre, s'accompagne d'une autre régression, non moins profonde, qui voit le triomphe des boutefeux et des redresseurs de torts au détriment des partisans du dialogue. La critique de Sharon, légitime s'il en est, s'est très rapidement muée en procès sans appel d'Israël et à sa diabolisation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette régression s'observe aussi à la façon particulière de relire et de réécrire l'histoire du conflit proche-oriental en remontant à ses sources. Le crime, dès lors, n'est plus l'occupation qui perdure depuis 1967, enjeu de tous les débats jusqu'ici, mais l'existence même d'un Etat juif, ce que Francis Martens, dans sa tribune libre du 4 avril, qualifie «&lt;em&gt;d'Etat ethniquement pur»&lt;/em&gt;.  «Le péché originel de l'Etat d'Israël est un fait», écrit-il. Et voilà Israël irrémédiablement renvoyé à sa condition de Juif d'entre les nations. Pire encore, ce psychanalyste affirme que l'antisémitisme `n'est jamais que la contrepartie aux procédures mises en oeuvre par les juifs pour ne pas disparaître´, à savoir, précise encore Martens, les mille et une procédures de séparation du pur et de l'impur. Une manière insidieuse d'entonner l'ignoble antienne selon laquelle pour ce qui est de l'antisémitisme, le Juif n'a qu'à chercher en lui les causes des persécutions qu'il subit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au final, Francis Martens délégitime toute prétention identitaire aux Juifs. Il apprécie leur «&lt;em&gt;âme nomade»&lt;/em&gt; ou encore comme les tolère-t-il comme minorité dans le cadre d'une Palestine réunifiée qu'il imagine «&lt;em&gt;multiculturelle, pluraliste, laïque»&lt;/em&gt; mais qui, ne soyons pas naïfs, sera rapidement dominée par les islamistes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est indéniablement une formidable régression que de substituer à la demande légitime d'une coexistence entre deux Etats vivant pacifiquement côte à côte, la remise en cause des fondements mêmes de l'un d'entre eux. Cette attitude, parfaitement illustrée par l'image de la pomme utilisée par Francis Martens, ne peut avoir comme effet que de conforter les plus extrémistes parmi les Israéliens, arguant de l'impossibilité d'un accord réel avec des Palestiniens et des Arabes qui ne souhaiteraient rien d'autre que la destruction d'Israël. Sous couleur d'engagement, une telle attitude représente de la part d'intellectuels, une démission radicale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) Sara BRAJBART (philosophe et journaliste), Ouzia CHAÏT (pédagogue), Henri CHAÏT (lecteur), Maurice EINHORN (médecin et journaliste), Véronique GOLARD (juriste), Michel GROSS (sociologue), Francis GRUNCHARD (ingénieur), Joël KOTEK (historien), Jacques KUMMER (chimiste), Ruth LAUB (biochimiste), Michel LAUB (enseignant), Lizi WIMMER (publicitaire) et Jacques ZAJTMAN (architecte).&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/29438044-114977569479302875?l=collectif-dialogue-partage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/feeds/114977569479302875/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=29438044&amp;postID=114977569479302875' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114977569479302875'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114977569479302875'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/2006/06/lannee-de-toutes-les-regressions.html' title='L&apos;ANNEE DE TOUTES LES REGRESSIONS'/><author><name>Collectif Dialogue &amp;amp; Partage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11853482380327392695</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-29438044.post-114977540969531228</id><published>2006-06-08T06:56:00.000-07:00</published><updated>2006-06-08T07:03:29.710-07:00</updated><title type='text'>L'EUROPE ET LE SYNDROME DE STOCKHOLM (1)</title><content type='html'>par Sara Brajbart (philosophe et journaliste), Ouzia Chaït (pédagogue ), Henri Chaït (lecteur), Maurice Einhorn (médecin et journaliste), Véronique Golard (juriste), Michel Gross (sociologue), Francis Grunchard (ingénieur), Ruth Laub (biochimiste), Michel Laub (enseignant), Marc Reisinger (psychiatre), Jacques Zajtman (architecte).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certes, voici longtemps qu'Israël ne bénéficie plus guère de sympathies actives dans l'opinion et dans la presse de notre pays. Le tournant date de la guerre de Six Jours, en 1967, lorsqu'Israël a rompu pour de bon avec l'image du juif, éternelle et passive victime. Un nouveau tournant décisif s'est cependant produit au lendemain du 11 septembre qui a vu l'Europe se livrer à une sorte d'étrange examen de conscience, virant peu à peu en un syndrome de Stockholm politique franc. Prêtant une oreille plus que complaisante au nouveau mythe d'une humiliation irréductible des Arabes, l'Europe s'est misé à battre sa coulpe, tout en se déchargeant rapidement du fardeau de cette nouvelle culpabilité sur ceux qui en étaient, à ses yeux, les véritables porteurs, à savoir les juifs. Une véritable surenchère anti-israélienne s'est développée sous forme d'appui à l'aspiration légitime du peuple palestinien à l'autodétermination. Un appui qui prend parfois d'étranges détours comme l'illustre le texte de François Perin, Le Livre de Josué &lt;span style="font-size:85%;"&gt;(2)&lt;/span&gt;, publié dans &lt;em&gt;Le Vif/L'Express&lt;/em&gt; du 11 janvier 2002.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Perin y privilégie l'antienne de la religion juive sanguinaire et du peuple élu qui sacrifie la planète entière à son insatiable divinité, un thème éternel de la propagande antisémite la plus éculée. Sa démonstration, qui suppose une sorte de consubstantialité entre la religion juive - du moins dans sa version qu'il appelle rigoriste - et la violence, ne repose en fait que sur une montagne de préjugés que des siècles d'antisémitisme ont alimentés; qu'il s'agisse d'antijudaïsme chrétien - courageusement démantelé par le pape Jean XXIII voici une quarantaine d'années - ou d'antisémitisme voltairien de la première heure &lt;span style="font-size:85%;"&gt;(3).&lt;/span&gt; Force est cependant de lui rétorquer ici qu'il a tout faux &lt;span style="font-size:85%;"&gt;(4)&lt;/span&gt;. Le conflit israélo-palestinien, prolongement d'un conflit israélo-arabe qui dure depuis des décennies, n'est pas une guerre de religion, même s'il en prend parfois le masque ces temps-ci. Si le poids des partis religieux en Israël parait excessif a certains, leur influence joue sur des tableaux bien différents de la question palestinienne. Les partis juifs les plus intégristes sont loin d'être les va-t-en-guerre que d'aucuns imaginent, le plus radical de tous se définissant même comme antisioniste. A l'inverse, les éléments les plus nationalistes ont souvent une relation lointaine avec la religion: Sharon ne porte pas la kippa, pas plus que Netanyahu, ou, avant eux, Shamir ou Begin. A l'opposé, on ne verra pas sans kippa Abraham Burg, président de la Knesset, qui vient, de façon spectaculaire, de demander la fin de l'occupation des territoires. De même aussi, le parti Meimad, d'inspiration juive orthodoxe, milite ouvertement dans le camp de la paix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même si le système électoral, à la proportionnelle absolue, donne aux partis religieux un poids sans commune mesure avec leur importance numérique, rappelons que la toute grande majorité des Israéliens ne se réfèrent guère à Dieu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien que le Hamas et le Djihad islamique se réclament d’une conception intégriste de l'islam, le conflit israélo-arabe a déchiré la région pendant des décennies en dehors de toute connotation religieuse. Si l'addition de l'ingrédient religieux dans ce chaudron infernal menace effectivement de rendre la situation plus explosive encore, il est aberrant de décoder le conflit à l'aide des clés utilisées François Perin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'autant que celui-ci ne traite pas de façon égale les uns et les autres, soulignant très clairement que, pour lui, la violence intrinsèque de la Bible dépasse nettement celle du Coran.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Relire le conflit israélo-arabe à l'aide de clichés religieux ne sert qu'à nourrir la haine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En tout état de cause, la lecture des événements dans une optique manichéenne ne sert aucune des deux parties et moins encore la paix qu’il faudra finalement faire, quel qu'en soit le prix psychologique. L’extrémisme d'un camp ne cesse d'alimenter celui de l'autre. Relire le conflit à l'aide des clichés les plus outranciers concernant une religion ou l'autre ne sert qu’à nourrir une haine qui n’a vraiment pas besoin de cela. Aujourd'hui, on a surtout besoin d'entendre la voix des intellectuels, au sens où les définissait Camus, «ceux qui travaillent dans le sens de l'apaisement pour que la raison retrouve ses chances». Pour réunir les forces qui permettront de surmonter le choc entre ces deux justices : celle des Palestiniens, qui ont droit à un Etat, et celle des Israéliens, qui ont aussi droit au leur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;(1) Syndrome de Stockholm, nommé d'après des événements survenus d'une prise d'otages à l’occasion d'un hold-up perpétré à Stockholm en 1973 et lors desquels les otages avaient marqué une sympathie certaine pour leurs ravisseurs. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;(2) Lecture qui doit être complétée par- celle du Livre des Juges. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;(3) Voltaire reconsidérera plus tard ses positions dans son Traité sur la tolérance (1763), dont le chapitre XIII s'intitule Extrême tolérance des juifs.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;(4) La solution préconisée par François Perin, à savoir une force d'interposition internationale, rappelle l'antécédent du Sud-Liban, où le Hezbollah a pu mener certaines opérations pour ainsi dire à l'ombre de la FINUL. Ce qui en a démontré l'inanité.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/29438044-114977540969531228?l=collectif-dialogue-partage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/feeds/114977540969531228/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=29438044&amp;postID=114977540969531228' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114977540969531228'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114977540969531228'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/2006/06/leurope-et-le-syndrome-de-stockholm-1.html' title='L&apos;EUROPE ET LE SYNDROME DE STOCKHOLM (1)'/><author><name>Collectif Dialogue &amp;amp; Partage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11853482380327392695</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-29438044.post-114977485499770670</id><published>2006-06-08T06:49:00.000-07:00</published><updated>2006-06-08T06:54:15.013-07:00</updated><title type='text'>RENAISSANCE DE LA JUDEOPHOBIE</title><content type='html'>(&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Paru le 31 janvier 2002 dans &lt;em&gt;La Libre Belgique&lt;/em&gt; en réponse à la tribune libre du Père Armand Veilleux, publiée dans l’édition du 22 janvier 2002&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Est-ce ce un sentiment de peur et de culpabilité qui pousse les médias à rendre Israël responsable des morts liées au conflit du Moyen Orient? Accusé de tous les maux, Israël est devenu le Juif des nations. Et cette injustice rejaillit sur tous les Juifs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est des dérapages sémantiques qui valent bien des attentats. Ainsi, le recours au terme de `génocide´, utilisé dans votre édition du 22 janvier 2002 par le Père Armand Veilleux pour désigner le sort fait aux Palestiniens par les Israéliens, permet-il de diaboliser instantanément d'un trait de plume l'adversaire visé. La banalisation de ce concept est déjà en soi une façon de minimiser l'horreur absolue qui a marqué ces tentatives d'effacer de la surface de la terre un peuple entier. On ne peut en aucun cas comparer la situation du Proche-Orient à l'extermination programmée des Juifs, le massacre des Arméniens ou les tueries systématiques du Rwanda. Comment penser même à l'idée de génocide, lorsque 850 Palestiniens ont été tués en quinze mois de ce qui reste, contrairement à la première intifada, un soulèvement armé? Lorsque l'accusation de génocide, qui est la mise en ouvre d'une politique d'extermination d'un peuple, est, de plus, portée contre ceux-là mêmes qui ont voulu (re)construire en Israël un Etat pour les prémunir de la répétition d'une telle horreur absolue, on franchit les limites de ce qui est admissible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quel courroux sélectif aussi que celui du Père Veilleux, qui passe sous silence les attentats sanglants contre des civils et l'incapacité définitive de Yasser Arafat de renoncer à ses rêves les plus fous, comme avait si bien su le faire Rabin, il y a quelques années. De Gaulle naguère confiait s'envoler vers l'Orient compliqué avec des idées simples. Aujourd'hui ces idées simples, manichéennes, réduisent le conflit dramatique du Moyen-Orient en un choc frontal entre le Bien, incarné par des Palestiniens aux attributs christiques et le Mal, qui est cet Etat d'Israël satanisé lors de la grand-messe des organisations dites humanitaires à Durban.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment se fait-il qu'avant la guerre de 1967 - une guerre dont les Israéliens se seraient bien passé - aucune revendication pour un Etat palestinien ne fut jamais exprimée? Les Palestiniens qui ne formaient pas encore un peuple étaient sous le contrôle de l'Egypte à Gaza, et sous celui du régime du roi Hussein en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Pourquoi aucune motion de l'ONU n'a-t-elle jamais proposé d'y établir un foyer national pour ce peuple et pourquoi aucun Etat arabe ne lui a-t-il pas manifesté sa solidarité à une époque où les Israéliens étaient complètement hors jeu?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le sionisme n'a effectivement plus bonne presse depuis que l'Etat d'Israël a illustré, en 1967, sa rupture définitive avec le rôle du Juif victime. Les choses ont cependant pris une tournure radicalement nouvelle avec l'attentat du 11 septembre. Si celui-ci a donné naissance aux Etats-Unis à une série de regrettables dérapages de type anti-islamique, l'Europe, elle, partant à juste titre d'une volonté de comprendre ce qui venait d'arriver à un monde en état de sidération, a commencé à présenter rapidement tous les signes d'un syndrome de Stockholm politique. Si les intégristes musulmans, désormais considérés comme les porteurs d'un message de désespoir méritant à ce titre notre compassion, en arrivaient à de telles extrémités, il fallait bien que l'Occident en ait sa part de responsabilité. Celui-ci s'empressant aussitôt de la faire porter aux Juifs, de plus en plus identifiés aux chars de Tsahal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A ce sentiment de culpabilité occidentale, parfaitement décrit par Pascal Bruckner dans `Le sanglot de l'homme blanc´, s'ajoute ce que Philippe Val dans le journal progressiste Charlie Hebdo daté du 23 janvier, qualifie de `prime à la peur´, précisant: `Ni le catholicisme, ni le protestantisme ni le judaïsme ne font peur. L'intégrisme islamique fait peur et engendre une prime à la peur.´ Déjà chez nous, peu après les événements du 11 septembre, à Anderlecht, des jeunes à moto arborant des petits drapeaux américains à leur guidon et pris à partie de ce fait par de jeunes immigrés se voyaient conseiller d'enlever ces drapeaux par des policiers à qui ils avaient signalé l'incident.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Est-ce ce un sentiment de peur et de culpabilité qui pousse les médias à rendre Israël responsable de toutes les morts liées au conflit du Moyen Orient, exonérant les Palestiniens de toute responsabilité du fait de leur situation désespérée? Peut-on aujourd'hui faire l'économie d'une réflexion sérieuse, qui tienne à la fois compte des droits nationaux du peuple palestinien, mais aussi de ceux du peuple israélien confronté pendant de longues années au refus unanime du camp arabe uni derrière des mots d'ordre tels que `les Juifs à la mer´?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ariel Sharon cristallise aujourd'hui toutes les haines de ceux qui ont toujours eu le plus grand mal à s'accommoder de l'existence même d'un Etat juif en Israël. Il n'est pas question ici de défendre les options politiques de l'homme, mais de souligner qu'il a été élu démocratiquement au poste de premier ministre. Ce n'est certainement pas par hasard si le choix populaire s'est arrêté sur lui. Il serait judicieux de se demander pourquoi. L'ancien président Bill Clinton rappelait récemment à quel point les exigences de dernière minute et le manque de souplesse absolue d'Arafat lors des négociations de Taba, ont eu raison d'une paix véritable qui était pourtant à portée de main. Il faut bien se rendre compte du fait qu'Ehoud Barak proposait, lui, de rendre la quasi-totalité des territoires occupés aux Palestiniens et acceptait surtout de mettre en pièces le mythe de l'indivisibilité de Jérusalem. Il s'est vu opposer l'exigence, nouvelle, d'un droit au retour à part entière, ce qui aurait très rapidement fait d'Israël lui-même un Etat à majorité palestinienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est dans ce même contexte qu'un procès est diligenté contre Ariel Sharon, sans que celui que les Arabes eux-mêmes qualifient de `boucher de Sabra et Chatila´ (1) feu Elie Hobeika ne soit inquiété. Plus encore, sans même bénéficier de la présomption d'innocence, voici Israël rendu responsable de son récent assassinat. Cette injustice faite à Israël rejaillit sur tous les Juifs. Israël, accusé de tous les maux est devenu le Juif des nations. On rappellera encore qu'aucune de la trentaine d'autres plaintes déposées contre des chefs d'Etat autrement plus sanguinaires (Pinochet, Saddam Hussein...) en vertu de cette fameuse loi de compétence universelle n'a fait l'objet d'un traitement aussi zélé que celle contre Sharon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que dire aussi du soutien sans faille accordé en Europe, non à la cause palestinienne, mais à la gestion de Yasser Arafat; un homme qui n'a rien fait pour améliorer la situation de son peuple, qui a manqué toutes les occasions de faire la paix et qui, maniant avec un art consommé la pratique du double langage, s'avère ontologiquement incapable de construire un Etat palestinien vivant pacifiquement aux côtés d'Israël.` Il y a une prime à la peur. Elle engendre une sorte de respect, de servitude volontaire, un pervers désir de ne pas froisser, voire de séduire ce qui nous terrorise. Ces phénomènes, et d'autres encore, concourent à une banalisation qui gagne du terrain à une vitesse stupéfiante´ écrit l'éditorialiste de Charlie Hebdo, que l'on ne peut guère taxer de sentiments anti-arabes. Pas plus que l'on ne peut mettre en doute l'engagement politique et social de ces animateurs de `Médecins du Monde´ qui viennent de lancer une pétition dans `Libération´ pour stigmatiser une judéophobie qui, tout en étant largement minimisée, voire niée, par la classe politique, commence à prendre des proportions inquiétantes. (2).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une raison supplémentaire pour mettre en exergue l'admirable courage intellectuel de Philippe Val, dont la lucidité, espérons-le, ouvrira la voie à d'autres prises de position courageuses dont la presse, il faut l'espérer, saura se faire l'écho et plus encore, les initier.(3)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;(1) Déclaration de Saleh Al - Na'ami, commentateur politique du journal du Hamas, `Al Risala´ interviewé le 27/06/01 par le programme BBC/Panorama. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;(2)medmonde@medecinsdumonde.org &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;(3) Ce que n'a pas manqué de faire De Standaard récemment dénonçant la publication de manuels scolaires destinés aux élèves flamands mettant en cause la légitimité même de l'existence d'Israël.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sara BRAJBART (philosophe et journaliste), Ouzia CHAÏT (pédagogue), Henri CHAÏT (lecteur), Maurice EINHORN (médecin et journaliste), Michel GROSS (sociologue), Francis GRUNCHARD (ingénieur), Ruth LAUB (biochimiste),Michel LAUB (enseignant), Marc REISINGER (psychiatre), Jacques ZAJTMAN (architecte)&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/29438044-114977485499770670?l=collectif-dialogue-partage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/feeds/114977485499770670/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=29438044&amp;postID=114977485499770670' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114977485499770670'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/29438044/posts/default/114977485499770670'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://collectif-dialogue-partage.blogspot.com/2006/06/renaissance-de-la-judeophobie.html' title='RENAISSANCE DE LA JUDEOPHOBIE'/><author><name>Collectif Dialogue &amp;amp; Partage</name><uri>http://www.blogger.com/profile/11853482380327392695</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry></feed>
